Auteur ****THE STORY****
RedskinPosté le: 2001-12-17 12:15   
Bonjour,ce topic concerne uniquement l'ecriture multi ecrivains d'un roman.
Merci aux persones etrangeres a cette aventure de ne pas poster de message ici!

Regles :

1-Pour les messages concernant le roman,les faire dans l'autre topic.

2-Faire en sorte que l'element introduit par l'ecrivain précedent colle a l'histoire.

3- Lorsque l'on est averti que notre tour est arrivé, mettre un petit message dans l'autre topic pour dire que l'on travaille à la suite du roman.

4-Chaque écrivain à 1 semaine pour rediger son texte. Si le délai va être dépassé, en avertir les lecteurs dans l'autre topic. Si cela n'est pas fait, le suivant de la liste prendra le relais 24h après la fin de la semaine attribuée.

5-On respecte l'ordre etabli .

6-Pas de smiley.

7-Pas de signature.


RedskinPosté le: 2001-12-17 14:34   
Voici la liste dans l'ordre d'ecriture des participants :

1- LN
2- SANDRINE ET TAZ
3- DEAUVILLE
4- PIERRE
5- KHELDAR
6- KIRIN
7- BUZZZ
8- LORENZO
9- LE MEROU
10-RIWANN
11-ADAMDELAHALLE
12-JULIEN

LN a toi de jouer

LNPosté le: 2001-12-17 16:33   
« Fichu réveil ! »

Geoffrey cherche à tâtons son réveil comme tous les matins. Ce jour là, il est au pied du lit, là ou il l’a jeté la veille.

Ah, silence bienfaisant…

Geoffrey pose son pied droit sur le sol et dans un effort difficile s’assoit complètement au bord du lit se prenant la tête entre les mains.

« Quelle m…. de se réveiller »

Ouvrant les yeux avec difficulté, il se dirige vers son ordinateur et appuie sur le bouton afin de le démarrer puis va satisfaire un besoin naturel.

Déjà un peu plus éveillé il porte ses pas vers la cuisine afin de prendre une tasse de café chaude grâce à la cafetière offerte par sa mère l’an dernier. Il cherche le pain, généralement posé à côté et n’en trouvant pas se rabat sur un paquet de biscuit traînant au fond d’un placard.

« Put… !»

Le biscuit d’une couleur verdâtre va directement à la poubelle après avoir été tout juste goûté. Geoffrey se dépêche de boire une gorgée de café. Tant pis, il mangera une barre de céréale au boulot comme d’habitude.
Il entends déjà sa mère lui dire « Geoffrey, le repas du matin est le plus important de la journée, il doit être équilibré etc…etc… ». Il a beau avoir trente cinq ans, elle continue à le considérer comme un gamin de quinze ans ! D’un haussement d’épaule, il repousse cette pensée inopportune et passe de nouveau devant son PC pour cette fois lancer Internet et son courrier électronique.

Dans la salle de bain, il ôte son caleçon et grimpe dans le bac de douche.
Temps obligatoire devant la glace pour se brosser les dents et se raser.

Cette fois, il y est : réveillé.

Grand, blond, les yeux bleus Geoffrey est un bel homme mais cela lui importe peu si ce n’est qu’avec son physique il n’a pas de problème avec les filles. Heureusement car il n’a guère le temps pour le jeu de la séduction et tout le tralala. Une fille de temps en temps mais rien de plus.

Il va enfiler un jean et un T-shirt, ils n’ont pas encore réussi à lui faire mettre leur fameux costard ! et s’installe enfin devant sa machine.
D’abord les mails de copains, certains demandant des conseils pour leur PC, d’autres racontant leurs déboires amoureux. Antoine donne une fête ce week-end ( avec des belles filles) « tiens cela peut être intéressant »,sa mère lui rappelle la réunion de famille de dimanche prochain « m…. j’avais oublié ». Elle a trouvé le truc pour l’obliger à répondre car il ne peux pas prétendre ne pas lire sa boite mail.
Enfin, un petit tour sur son forum, un coin bien a lui ou il peux s’éclater.

« Bip, bip… » Sa montre sonne huit heures.

« Et m….. »

Geoffrey sourit, en effet depuis qu’il est seul il peut se permettre un langage peu châtié. Il se lève, éteint son PC ; De toutes façons il répondra au bureau aux messages qui l’intéressent.

En effet, Geoffrey ancien hacker reconverti, travaille désormais pour l’Etat afin de tester leurs moyens de défense. Cela lui prend parfois du temps mais jusqu’ici il a toujours réussi à percer leurs systèmes, il faut dire qu’il est plutôt « bon ». Cela le fait rire d’être payé pour faire quelque chose d’à priori illégal.
En ce moment il est sur un projet du FBI visant à protéger leurs dossiers informatiques. Passionnant car c’est le 3ème mis en œuvre depuis qu’il est là, un nouveau défi.

Arrivé à son boulot,il sort sa carte l'identifiant que le garde regarde de très près

"Comme si il ne me reconnait pas ce m...eux"

Il lui faut encore passer au détecteur de métaux puis à la fouille corporelle

"ils pourraient au moins laisser faire ça à une belle minette"

Il peut enfin se diriger vers le distributeur de friandises situé à l’entrée du couloir menant à son bureau.

Tout en mangeant, il passe devant les bureaux de ses supérieurs qui lancent comme tous les matins un regard noir sur sa tenue et sa barre de céréale.

« Tous des coincés… »

Arrivé devant son bureau, il allume son PC et s’apprête à….



[ Ce message a été édité par: LN le 2002-01-08 12:10 ]

MégaloPosté le: 2001-12-26 14:05   
...lire ses messages, comme d’habitude.

Il n’est pas parti pour battre des records ce matin.

Juste pour faire son boulot, un amusement pour lui : pirater sous couvert de la loi un système qui a déjà coûté des millions, le perfectionner, le rendre infaillible.

Au moins pour un temps...

Une douce et récréative routine pour Geoffrey, l’ancien hacker hors la loi.

Il rit.

Son métier n’a pas de nom.

Il réfléchit : hacker honnête, hacker légale, hacker…...

Il rit aux éclats.

Les hommes aux costards bien taillés le dévisagent un instant depuis leur bunker de verre : un bureau surélevé et entièrement vitré depuis lequel ils observent leurs recrues.

Geoffrey n’est pas le seul spécimen dans ce bocal à repris de justices...

Il les aperçoit et se reprend.

Il est presque libre aujourd’hui.

Un pied de nez aux bonnes mœurs, ce job !

Une vraie chance.

Il pense parfois à la cellule qu’il aurait pu occuper durant de longues années sans cet inattendu repêchages par les agents du gouvernement.

Il n’a tiré que 5 mois...

C’est peu 5 mois de taule comparé à sa peine initiale.

Mais suffisant pour ne jamais oublier.

Il s’en veut pourtant.

Il pense à son existence.

Il porte les mêmes sapes qu’il y a 15 ans, vit dans un bordel désorganisé, ne sait pas se faire cuire un œuf sans foutre le feu à la gazinière. Sa mère le considère comme un gamin.

Il sait qu’elle à raison.

Il sait qu’il doit changer.

Ca fait au bas mot vingt ans qu’il se dit qu’il doit changer.

Ca fait vingt ans qu’il s’excuse.

Ca fait vingt ans qu’il pleure sur son sort.

Mais il a un talent. Il l’exploite pour le compte du FBI maintenant.

Même cela il ne l’a pas choisi.

Il s’est fait serré par excès de zèle. Et on lui a donné une chance.

Il pleure maintenant.

Un des gars du bunker le regarde en secouant la tête. Il se tourne vers son collègue le plus proche et lui dit en enlevant ses lunettes :
« Ce type est aussi malade que brillant. Regarde comme il chiale ce gland »

« les glands deviennent parfois des chênes » lui rétorque l’autre, s’imaginant faire de l’esprit.

Mais l’homme aux lunettes manque de s’étouffer.

Geoffrey a cessé de pleurer.

Il pense à présent à cette soirée chez Antoine.

Il ira.

Antoine est un ami de longue date. Geoffrey l’apprécie beaucoup.

Antoine ne le juge pas, ne lui renvoie pas sa propre misère en peine gueule.

Et il y aura de jolies minettes.

En taule, on ne trouve pas ce genre de distractions.

Il doit se mettre au travail.

Quand il travaille, il oublie pour un temps ses tracas.

Son job, c'est sa passion, sa dope, son excuse.

Il commencera la matinée par la lecture de ses messages……

tazandrinePosté le: 2001-12-31 00:03   
« Tiens, encore un message d’Antoine ».
Sur l’écran, quelques lignes s’affichent :

surtout n’oublie pas samedi soir 21 h et apporte le champagne.
P.S : j’ai parlé de toi à l’une de mes amies (tu me connais ;-)) et elle a hâte de te rencontrer... En plus, elle est super canon...


Un sourire aux lèvres, Geoffrey se frotte machinalement les yeux.
« fichu écran . Il faudra que je pense un de ces jours, à me rendre chez l’ophtalmo ».
Ses pensées dérivent malgré lui vers sa mère.
« Il ne faut pas que j’oublie de lui faire envoyer un bouquet de fleurs pour le repas de famille. J’espère qu’elle ne va pas encore inviter Emilie...

Sa mère s’inquiétait à son sujet : 35 ans, pas de petite amie fixe... et à chaque visite, il avait droit à la même rengaine :
« quand vas-tu te marier ? Tu vas finir seul et à ce rythme, je vais mourir avant d’être grand-mère... »
Depuis peu, elle avait décidé de jouer les entremetteuses.
Emilie était la voisine de sa mère. Elancée, brune, les yeux verts, elle venait d’avoir 34 ans.
La vie ne l’avait pas épargné. Il y a 5 ans, elle avait perdu son mari et sa fille dans un tragique accident de voiture. Depuis, elle n’avait pas refait sa vie. La mère de Geoffrey qui appréciait la jeune femme voyait en elle la bru idéale... Elle n’avait que son nom à la bouche.
Geoffrey essayait d’ignorer les manœuvres de sa mère.
« Fatigante mais attachante, voilà les adjectifs qui te caractérisent parfaitement maman »
Il n’oubliait pas qu’elle avait toujours été présente, apportant un peu de lumière et de douceur lors de ses visites en prison. Le souvenir de ce séjour restait pénible. A côtoyer violeurs, tueur... il n’avait eu qu’une seule crainte : celle de devenir comme eux ou d’être leur victime.

Complètement perdu dans ses pensées, Geoffrey ne se rendit pas compte immédiatement que quelqu’un l’appelait et tambourinait à la fenêtre du bunker.
Il leva tranquillement la tête...
« Qu’est ce qu’il me veut cet abruti... C’est qui le mec à ses côtés avec toutes ces breloques accrochées à la veste »...


[ Ce message a été édité par: tazandrine le 2001-12-31 00:04 ]

[ Ce message a été édité par: tazandrine le 2001-12-31 00:05 ]

TianPosté le: 2002-01-06 17:42   
"Encore un qui ne doit rien y connaître en informatique mais veut en donner l'impression".

Un des passe-temps préférés de Geoffrey: Parler technique avec des néophytes prétentieux. Les abreuver de termes obscurs que même lui n'est pas sûr de comprendre jusqu'à leur faire régurgiter le dernier soupçon de fierté qu'ils auraient pu posséder.

Se délectant par avance, il commençe à remplir sa besace vengeresse d'extraits de sa connaissance.

Les présentations commencent alors.

"Geoffrey, je vous présente le Lieutenant-Colonel Madragues de la Section Technique de l'Armée de Terre."

Annonce Monsieur Le Tout Puissant Despote, Cerbère et Maître du Service Securité Informatique, comme aime à le qualifier Geoffrey. De son vrai nom Archibald Desmote, il a obtenu son poste plus de par son ascendance que ses compétences. Il fait aussi parti des privilégiés receptacles des inondations verbales incompréhensibles de son subalterne. Principalement lors de l'hebdomadaire torture que représentent les rapports d'activité. Il ne les lit d'ailleurs que pour se donner l'illusion de garder une emprise sur le contenu du travail effectué dans le microcosme qu'il gouverne.

"Il est venu nous faire part d'événements étranges qu'il souhaiterait nous voir investiguer"

Le militaire intervient alors.

"Bonjour Monsieur"

Un hochement de tête et un vague son difforme lui répondent.

"En fait d'événements étranges, il s'agit principalement de fuites d'informations confidentielles. Vos états de service nous font penser que vous pourriez être la personne la plus apte à nous aider. Et ce en respectant bien évidemment une discrétion absolue."

"Cet abruti de chef a encore dû dire que j'ai une vie sociale quasi-inexistante" pense immédiatement Geoffrey. "Oui je n'ai pas d'anneau au doigt. Et alors?"

Son moment de colère passé, il poursuit à haute voix:

"Il va falloir que vous m'en disiez un peu plus"

PierrePosté le: 2002-01-08 21:46   
Le militaire lui jeta un regard réprobateur, un de ces regards qui transpercent, et Geoffrey comprit que cela voulait dire "Fais ton boulot, je fais le mien"

Il se rappela une fois de plus ses jours et ses nuits en prison, la chance qu'il avait eu. Alors il ajouta :
"D'un point de vue informatique, j'entends"

C'est étrange, tout de même. Jusque là, aucune personne au FBI ne l'avait réellement impressionné, mais cet homme-là semblait vraiment savoir ce qu’il faisait.

"Je ne puis vous en dire plus si vous ne me donnez pas votre parole sur la confidentialité, ni sans être sûr que vous acceptez"

Geoffrey était intrigué. Il accepta donc.

On le conduisit dans un bureau, quelques étages plus haut. Là, une charmante secrétaire, brune aux yeux verts ("canon celle-là ! Tu m’étonnes qu’il ait envie de travailler ce gars"), lui apporta un dossier tout en souriant et s’en alla. Le militaire lui parla pendant une heure mais il n’apprit pas grand-chose de nouveau, hormis qu’il devrait beaucoup plus travailler, serait dans un autre bureau avec des "machines plus appropriées" (ce qui le fit grandement rire intérieurement), signait là un autre contrat, mais il retint surtout que la splendide secrétaire souriante n’était pas loin.
"Si seulement elle ne s’habillait pas comme eux."

Les jours suivants passèrent extrèmement vite car il prenait à présent encore plus d’amusement à travailler, si c’était possible. Si bien qu’il ne vit pas arriver le week-end. Ainsi, lorsque le samedi après-midi sa mère l’appela au téléphone pour l’inviter à manger, il repensa à la fête d’Antoine, et refusa donc gentiment son invitation. Celle-ci fut troublée, et finit donc par avouer :
"Mais j’ai prévenu Emilie et elle est d’accord. Elle risque d’être déçue si tu n’es pas la !
- Ecoute maman, tu lui dis que tu es désolée et...
- Mais je ne peux pas lui proposer demain midi à la place, il y a déjà la réunion de famille.
- Ah ! Oui ! C’est vrai... Euh...
- Tu viendras, n’est ce pas ? Tu m’avais dit que tu viendrais !
- Pfff... ok, c’est bon."

Il avait cédé, une fois de plus.

Mais quand arrivera-t-il à lui faire comprendre qu’il désire être VRAIMENT indépendant ?

Lorsqu’il aura une petite amie.

Voila. Il a trouvé la solution.

"Et pour Emilie je fais comment ?
- Mange avec elle. Entre femmes, vous aurez plein de choses à vous raconter, là, j’ai beaucoup de travail maman, désolé mais je ne peux vraiment pas"

Il n’avait plus envie de parler d’Emilie. Cette conversation lui avait rappelé l’idée de la fête, et il ne pensait plus qu’à cela désormais.
Antoine savait qui lui correspondait, quelle genre de personnes il apprécierait. Cette amie ne pouvait donc être qu’une personne aimable, charmante, intelligente, franche...

Il se surprit à rire à cette description de la personne parfaite.

Il ne mangea pas, certain de trouver assez chez son ami, et partit presque en avance.

Lorsqu’il arriva à l’étage de l’appartement d’Antoine, il aperçut une longue chevelure brune juste devant lui.

"Vous !?
- Oh, tutoyez-moi s’il vous plait, nous ne sommes pas au travail...

uuvvwwPosté le: 2002-01-16 10:05   
s'il avait eu une cravate, nul doute qu'il l'aurait desserrée d'un cran...
mais il se contenta d'arborer le sourire le plus carnassier de son arsenal.
...
"Il mord déjà à l'hameçon, le coq prétentieux" pensa t’elle.
...

Dès qu'on leur ouvrit la porte, ils se dirigèrent vers un coin du salon.

"Alors, reprit-il, on vient décompresser après une longue journée de boulot ?
Oublier le travail dans l'alcool et la danse ?
-Oh ! je vous en prie, ne me sortez pas les plans "drague" les plus éculés.
Je ne suis pas d'humeur à ça ce soir...
De toute façon je suis déjà prise en main
- ...
- ... et sérieuse si vous voulez tout savoir."

Geoffrey ne prit la peine de dissimuler sa déception et il s'apprêtait à tourner les talons quand elle reprit :
" Cependant, si je suis venue à cette fête ce soir, c'est que je voulais vous voir.
- ???
- J'ai cru comprendre que vous aviez quelques compétences en informatique... "

Geoffrey laissa échapper un ricanement. Lui qui croyait être le roi du sarcasme, il avait trouvé son maître.

"Je me débrouille... Et ce serait pour quoi ? Pirater le compte bancaire de votre patron ?
- Perspective alléchante, mais ce sera pour une autre fois.
A la place, j'aimerais que vous m'aidiez à mettre la main sur certaines informations..."

Geoffrey resta quelques instants sans rien dire, plongé dans ses réflexions.
Elle ne plaisantait pas, son incroyable assurance et l'aplomb de son regard le mettaient mal à l'aise.
Une espionne ? Et pourquoi pas...

"Non, vous faites fausse route, dit-elle en le regardant avec un air amusé.
- Elle lit dans mes pensées en plus, eh bien le tableau est complet" pensa t’il.

"Et de quels genres d'informations souhaiteriez-vous disposer ?
- Ca, je vous le dirai en temps voulu... Puis-je prendre cette question comme un accord implicite ?
- Tant que vous ne me faites pas envoyer en prison, je ne suis pas contre l'idée de vous aider.
- Gentil garçon ! Si vous faites bien votre travail, il y aura une récompense à la clé"
... et elle ponctua ces paroles d'un regard appuyé.

Puis elle tourna les talons et se perdit dans la foule. Quelques instants plus tard, Geoffrey la vit passer la porte et s'en aller.
"Elle est venue expressément pour moi ? Bigre, c'est du sérieux...
- Geoffrey, vieille canaille !"

La voix d'Antoine, son pote de toujours le sortit de ses songes.

"Amène-toi, reprit Antoine, il y a la une fille qu'il faut absolument que je te présente.
Une merveille, rien à jeter"

...

"Deux heures du matin, p..... , je vais encore avoir la tête dans le c.. demain !"
Il se tourna de coté, la "merveille" respirait doucement, régulièrement.
Il la contempla un long moment, fille splendide, corps de rêve, voix lourde et sensuelle...
Et pourtant, à cet instant où leurs corps ne faisaient plus qu'un, le visage d'une autre lui était venu à l'esprit.

"De quels genres d'informations pourraient-elle avoir besoin ?
Avec le métier que je fais, des informations grassement négociables, ce n'est pas ce qui manque..."
Mais il sentait au fond de lui-même qu'il s'agissait d'autre chose.
Il le sentait... son instinct le le lui hurlait.
Cet instinct qui lui indiquait toujours les coups foireux dans lequel il allait se plonger.
Cet instinct qu'il n'avait sans doute pas suffisamment écouté par le passé...

kirinPosté le: 2002-01-24 20:23   
« Je m’en suis bien tiré j’ai échappé au dîner dimanche soir » pensa Geoffrey sur le chemin du bureau lundi matin.

« Et j’ai bien fais de mettre ma chemise habillée, ce sera quand même mieux pour la réunion de ce matin… même si j’ai sûrement l’air d’un pingouin… quoique habituellement j’ai rien contre les pingouins au boulot ! »

Son sourire amusé à cette pensée se fige face au regard de la belle brune aux yeux verts, Isabelle, qui le tire brutalement de sa rêverie pour lui annoncer sèchement son en retard : tout le monde l’attend.

« Et m…. en plus c’est la douche froide, je n’aurais pas cru qu’elle puisse elle aussi me descendre du regard ! C’est une maladie décidément ! » pense notre Geoffrey.

Accompagnant la parole du geste, Isabelle l’invite à la précéder dans la salle de Réunion.

« C’est parti …. »

Le Colonel le salue rapidement de la tête à son entrée. Geoffrey n’a qu’à peine le temps de découvrir que 3 autres personnes qui lui sont inconnues siègent dans la pièce qu’Isabelle a pris place et que le Colonel enchaîne.

« Asseyez-vous, Monsieur Dupré.»

Puis, se tournant vers l’intéressé, le Colonel ajoute d’un ton péremptoire : « M. Desmotes vous pouvez prendre congé, votre présence n’est pas requise ».

« Mais… » tente de balbutier le Despote.

Sans lui laisser le temps de continuer le Colonel le coupe et ajoute, cette fois d’un ton glacial :

« Inutile que vous perdiez votre temps précieux, vous avez certainement bien plus important à faire, n’est-ce pas ? »

Geoffrey commence à esquisser un sourire, vite ravalé par le regard que lui jette l’un des 3 inconnus face à lui. Un silence pesant de quelques secondes s’installe et finalement le Despote se lève, livide et sort de la pièce aussi dignement que possible.

Dès que la porte se referme, le colonel reprend :

« Je ne vous présente pas l’agent Malonne, notre spécialiste communications »

et avant que Geoffrey ait eu le temps de se remettre de sa méprise sur les compétences de la fameuse secrétaire, le colonel poursuit en les désignant

« et voici les agents Escozi, responsable de mission et spécialiste de terrain, l’agent Dubar, entre autre spécialiste mécanique, et l’agent Rolof. A vous agent Escozi.».

« Merci mon colonel »

« Bonjour M. Dupré. Nous avons besoin de vos compétences et nous avons donc décidé de vous faire confiance, malgré votre passif, car nous ne doutons pas que votre séjour à l’ombre ne vous ait appris le sens des mots confidentialités et loyauté. »

Marquant une pause durant laquelle il dévisage Geoffrey, l’agent Escozi reprend :
« Désolé pour cette introduction très franche mais autant que tout soit clair. En effet, même si nous manquons de spécialistes pointus comme les tests de ces derniers jours ont confirmé que vous l’êtes, cela ne doit pas nous empêcher de nous montrer prudent. Ai-je été assez clair M. Dupré ? ».

Tout étonné du son et de l’assurance de sa voix, Geoffrey parvient à répondre assez distinctement :

« Très clair même… »

« Bien, bien-bien… Parfait même. Nous allons peut-être bien nous entendre et si tel est le cas l’agent Rolof n’aura pas à vous faire une démonstration toute personnalisée de certains de ses talents. Voilà le topo : un groupe de pirates informatiques, revendiquant le nom des « hackers libres » entre actuellement dans les systèmes informatiques bancaires pour y dérober des sommes élevées. Leur mode opératoire est tout à fait surprenant puisqu’ils ne prélèvent pas d’argent par eux-même ! »

« Mais comment… » tente de demander Geoffrey.

« Laissez moi terminer je vous prie M. Dupré. Ces personnes semblent bien être capable d’agir à la faveur de grosses opérations globales interbancaires et d’en changer les destinataires qui deviennent des comptes suisses bien évidemment, comptes où la trace se perd tout de suite vous vous en doutez par jeu de virements immédiats... »

« Actuellement, nous avons réussi à établir que ces hommes sont obligés d’agir en étant relativement proches de la banque ciblée afin d’intercepter les données cryptées sur le réseau et de pourvoir les modifier dans un délai raisonnable, à leur avantage, avant de les retransmettre. »

« Votre mission est de nous aider à localiser les banques menacées, et à localiser ces pirates. Ensuite nous nous chargeons du reste, n’est ce pas M. Rolof… ». Lequel se contente d’un sourire carnassier pour toute réponse.

« Des questions M. Dupré ? »

Mis très mal à l’aide par le sourire de M. Rolof, pris un peu au dépourvu et assommé par tant d’informations et de nouveautés, Geoffrey met quelques secondes avant de se ressaisir et de demander :

«



[ Ce message a été édité par: kirin le 2002-01-28 18:33 ]

ChristianPosté le: 2002-02-01 20:08   
- et... De quels délais je dispose ?
- rapidité n'est-elle pas mère de sûreté ? Autre question ?"

Geoffrey hocha la tête négativement. Inutile d'amorcer une joute oratoire stérile et puis, nolens volens, ce "challenge" (comme auraient ses collègues fervents de "travaux shootés", d'"infos formatées" et autres "routines outsourcées") n'était pas pour lui déplaire.

Chacun prit congé. Il décida de déambuler un temps avant de regagner son logis. Il aimait ces moments flous, l' entre chien et loup de l'esprit qui vagabondait alors tout à son aise. Il en rêvait même naguère,lors de son séjour carcéral, prisonnier tout autant de barreaux de solitude que d'entraves physiques.

Cependant ce soir-là, ses pensées tenaient davantage de l'introspection que de la rêverie du promeneur solitaire. Il savait qu'à chaque mission importante, il passait par cette phase de retour sur lui-même. 35 ans, toujours célibataire, sa mère qui le pressait de grandir tout en agissant de manière à le protéger au maximum : le paradoxe n'était qu'apparent. Il avait retenu sans le vouloir cette phrase de la psychanalyste Mélanie Klein : "Nous sommes habités d'un monde que nous ne gouvernons pas". Bien qu'il en fût convaincu, le constater de facto ne manquait jamais de l'étonner. "A chasseur, chasseur et demi", énonça-t-il in petto, amer et amusé à la fois.

Geoffrey était familier de ce regard ironique et sans pitié sur sa propre personne (quoiqu'il se laissât aller parfois à quelque auto-mansuétude, dans ses rares moments d'allégresse). Prompt au sarcasme envers lui-même il s'en voulait de ne pas avoir montré d'esprit de répartie face à la dernière réflexion de son supérieur, et se mit à repenser à cet instant précis à sa mère; il slalomait dans le hasard balisé de ces chaînes associatives lorsqu'un néon scintillant, en agressant sa vue, le ramena d'un coup à la réalité de la réalité. Cette mission anti-hacker...

Et brusquement, l'homme en proie au doute, perdu dans ses questions existentielles, se mua en une machine humaine redoutable, capable de penser en hexadécimal. Les idées l'assaillaient déjà pour contrer ce cyber-gang, et il pressa le pas pour commencer ses investigations sur le Réseau.

Power on, connexion, log in, commencer par ce site secret de pirates dont l'adresse lui avait été communiquée en prison contre quelques cartouches de cigarettes. M..... l'ordinateur coinçait, comme du temps de l'écran bleu de Windows ! Machinalement, il regarda les tâches e n cours, pour isoler et "tuer" la responsable de ce plantage. Dans le listing il aperçut alors un hackerslibres.exe narquois ...

buzzzPosté le: 2002-02-08 02:02   

son visage pâlit.

Que faire ? Ce programme ne pouvait en aucun cas être un simple virus conçu pour détruire sa cible car la cible était Geoffroy, peut-être le deuxième meilleur hacker sur terre, au passé trouble et aux rêves interdits trop proches de ceux de ce gang de pirates. Il y avait des milliers d'ordinateurs dans le complexe, Geoffroy pouvait se servir de n'importe lequel pour surveiller le réseau. Ce programme était sûrement un moyen de le contacter. Enfin espérait-il...

Que faire... l'écran semblait ne rien afficher, la main moite se crispait sur sa souris. Il savait que quelque part, à un autre étage, un poireau de l'informatique, (c'est ainsi qu'il appelait les matons payés a vérifier bêtement chaque pas de son travail dans son dos) devait recevoir le signal de son écran ainsi que les doubles des fichiers avec lesquels il travaillait. Si les hackers avait conçu un simple message s'affichant a l'écran, le maton l'aurait immédiatement vu lui aussi. Trop risqué. Mais alors comment comptaient-ils le contacter ? Geoffroy resta une minute entière sans bouger, sans respirer, sans penser, à l'affût du moindre signe. Tous les composants de sa machine semblaient inactifs. Il comprit alors que la solution devait être ailleurs. Il baissa ses yeux sur son clavier et ne vit que ses doigts tendus, prêt a bondir. Rien. Il fit un geste de sa main droite pour déplacer sa souris, pour voir, voir s'il allait se passer quelque chose. Le curseur suivit, mais ne sembla pas aller jusqu'au bout. Comme si sa souris c'était arrêter. Alors il l'a fixa du regard. Cette souris optique 3D dernière génération avec repérage optique avancée était son plus fidèle joujou au bureau. Il la connaissait par cœur. En deux secondes il ne tarda pas a comprendre, le programme arrêtait et remettait en marche sa souris. Et a chaque fois sa led de repérage s'allumait, puis s'éteignait, une fois lentement et une fois rapidement... du morse, pitoyable.

Geoffroy fut alors surpris, car ces hackers savaient beaucoup de choses, ils avaient localisé son ordinateur dans la base, ils connaissaient le modèle de sa souris et savaient qu'il connaissait le morse. Trop d'informations, trop précises, trop complexes a réunir, lui, hacker de toujours, savait que dans le meilleur des cas on n'a au plus qu'un brèche parfois pour s'immiscer dans un système, alors trois chances réunis à la fois... Son instinct sentit le piège. Le message proposait de rallier leur équipe, il commençait a lui expliquer comment faire. Ce piège trop balourd énerva Geoffroy, il lança trois commandes et le programme disparut a jamais de son ordinateur.

Un souffle, un soupir, "c'était quoi encore ça !" c'écria Geoffroy dans ses pensées. Il était fatigué, il sentait une montée d'adrénaline le protégeant non pas du danger passé mais d'un danger proche. Tout à coup une main se posa sur son dos et une voix prononça :

"Félicitations !"

Oh non, c'était la farce du colonel. Geoffroy aurait aimé évité ce misérable test de loyauté et n'aurait pas voulu entendre le discours qui suivit :

"Votre conduite a été exemplaire, vous avez refusé le contact avec ce programme fait par nos soins où nous vous proposions de rentrer en contact avec ces terroristes débiles et menaçants... vous faites vraiment partie de l'équipe maintenant...."

Geoffroy n'écoutait plus. Il savait que ce test n'était pas là pour évaluer sa loyauté mais pour lui rappeler qu'"ils" veillaient, et qu'à la moindre faute, de près ou de loin, il serait jeté et oublié dans une prison avec un billet sans retour cette fois.

Geoffroy sortit de son humeur pessimiste quelques instants plus tard. Toutes les huiles étaient reparties dans leurs bureaux, sûrement pour se congratuler entre elles, ou pour stresser en sachant que lui seul, le hacker en jeans et chaussettes trouées, était l'unique salut possible a leur problème. Geoffroy en avait marre tout a coup. Il avait l'impression de rendre service a une bande de pingouins en costume qui n'hésiteraient pas à le casser en deux si l'affaire tournait mal. Il se mit à rêvasser et à jouer avec l'unique objet infantile à bord du navire : sa souris à repérage 3D. Un gadget qu'il avait acheté pour se marrer, sans réelle importance ; il regardait les petites lampes sur la partie inférieure qui permettaient a la petite bête de se localiser dans l'espace. Quel miracle de technologie : pour une fois, c'était une des rares choses a laquelle il ne comprenait rien dans sa machine, ce périphérique semblait le dépasser. Il le reposa tranquillement, et, là, sur le bureau, il vit les lampes se mettre à briller à 20 cm au-dessus du tapis. "Quoi ?" pensa Geoffroy, "ce n'est pas dans son habitude". Il vérifia alors rapidement les processus de sa machine et il n'y avait rien. Il fixa son regard sur son tapis sur lequel commençaient a se dessiner de vagues traits. Surprenant. Des lettres ne tardèrent pas à apparaître, puis un message entier :

"Piratage de transferts bancaires.... lundi 23 février GMT 23:14:11 Merchant Bank of China, Dest : Union Trade Schwitzerland Bank, packet name, T-RSA154-5454-5454ZGSZD1SQD, packet size 64684MB. GENOBANK ! GENOBANK ? GENOBANK ! GENOBANK GENOBANK GENOBANK GENOBANK GENOBANK GENOBANK"

Geoffroy reprit ses esprits. Ces codes correspondaient effectivement aux codes des transferts bancaires internationaux. Sur la liste des attaques qu'il avait entrevues lors de la réunion, il avait effectivement repéré le nom de ces deux banques. Mais il restait surpris pas par taille de la transaction : 64Giga de données. Pour une transaction qui ne prend que 2ko d'habitude. GENOBANK, oui, il s'agissait effectivement d'un projet informatique, la banque internationale du séquencçage du génome humain. Geoffroy ne comprenait plus rien, lui aurait-on vraiment parlé des bonnes banques ?




[ Ce message a été édité par: buzzz le 2002-02-08 19:24 ]

LhetrePosté le: 2002-02-16 00:03   
Il transcrit la série de chiffres sur un bout de papier replié en quatre. Merci maman pour cette mémoire infaillible. Puis les vieillies habitudes refirent surface. D'abord brouiller les pistes. Il se connecta sur son site xxx préféré, téléchargea le logiciel de connexion qui avait écrit quelques années auparavant et lança l'installation.

Deux étages plus haut ses anges gardiens suivirent la manoeuvre avec attention.
"Qu'est-ce qu'il nous fait maintenant ?" Escozi fut le premier à réagir, "Mais c'est un site porno !"
"Salaud ... comme si on le payait pour se rincer l'oeil." répliqua Rolof toujours amusé par les faiblesses humaines, "Ah ! C'est un homme comme un autre. Je connais un gars qui après trois mois de prison est devenu pédé" L'écran se figea. "Ben, il a du se faire coffrer pour découvrir sa vrai nature, haha! " Un message d'erreur fit son apparition pour disparaître aussitôt "... son truc est vérolé, tu parles d'un expert ..."
Escozi lança quelques commandes pour vérifier la mémoire du système en hochant la tête, tant d'années d'étude et de formation pour travailler avec un retardé, "Pourquoi le firewall l'a laissé passer ?" maintenant une série d'images de filles bien en chair s'alternait sur leur écran "Je parie qu'il est en train de se payer notre tête. Préviens le colonel."
Rolof était monté en grade à la force du poignet. Autodidacte et fier de l'être. Il pouvait écrire mille lignes de code sans une erreur, mais ne savait pas écrire "synonyme" sans devoir recompter les "y" trois fois pour se tromper quand même. Il aimait la logique impitoyable de la programmation, alors que l'orthographe, lui, hein ? Se faire donner des ordres par ce péteux insolent le, comment dire, faisait gerber. Il faillit demander à son collègue comment on écrit péteux.
"Me voilà rentré dans la brigade des moeurs maintenant" dit-il, sans bouger d'un millimètre.

"Vous semblez avoir une dent contre Géoffrey, colonel." dit Isabelle.
"Ce gars est doué de plus de talent de ce qu'il peut se permettre. Si au moins il avait des idéaux définis, que sais-je, s'il était intégriste par exemple, même trotskiste, nous saurions à quoi nous en tenir, nous pourrions le boucler une bonne fois pour toute, mais il parle de plaisir et de défis intellectuel. C'est un anarchiste pur, et pour ce qui me regarde un danger pour la société. Ses actes le prouvent."
"Si je me rappelle bien son dossier, sa condamnation vient d'avoir effacé des données sensibles de l'armée sur un serveur avant de le planter. Votre vision me semble un peu extrême."
Ils étaient arrivés devant le bureau du colonel.
"Ma chère mademoiselle, ce serveur était utilisé au même instant par un service de l'hôpital, et son arrêt a provoqué des dysfonctionnements dans trois de ses salles opératoires. Dans une de celles-ci une opération à coeur ouvert avait lieu, le pauvre homme en est décédé. Souvent on ne mesure pas les conséquences de ses actes, mais monsieur Geoffrey aura tout le loisir d'apprécier la porté du sien en travaillant pour nous."
"Vous pouvez mesurer le travail physique, mais comment vérifier le travail intellectuel d'un individu qui, d'après vous, refuse l'intégration ?"
"Nous avons nos moyens. En tant qu'individu il n'a pratiquement pas de concurrent, mais les capacités additionnées de nos techniciens nous assurent le contrôle sur ses actes. Bien entendu, tout ce que je viens de vous dire doit rester confidentiel."
Le colonel sortit son badge et le présenta à la fente à côté de sa porte. Le led resta rouge et un bip retentit. Il regarda son badge, il le frotta contre son pantalon et le repassa dans la fente. Rouge. Bip. La troisième tentative fut la bonne. La porte s'ouvrit sur son bureau et sur une pensée contrariante. Sa main s'arrêta un instant sur la poignée.
"Tout va bien, colonel ?" demanda Isabelle.
"Je dois vous laisser, des taches en suspens, vous comprenez sûrement. Bonne journée. Dites à vos supérieurs que tout est sous contrôle, mais n'avancez pas de date pour l'instant." il prit congé en courbant légèrement la tête, comme de son habitude.
La porte fermée derrière son dos, le doute accéléra ses mouvements et sa respiration, en bon chef paranoïaque tout ce qui sortait de la routine réveillait ses soupçons. Il se connecta au réseau interne, login, password, accès à toutes les données et à tous les autres postes. Dans la liste des connectés il choisit le poste de Geoffrey et il vit ... du cul ? Du cul sur un poste du centre sous son contrôle ?

le mérouPosté le: 2002-02-23 14:42   
« Mais il se fout de ma gueule ! Et ouvertement de surcroît ! » Le colonel trépignait sur sa chaise et les multiples médailles qui rutilaient sur sa poitrine en tremblaient.

Ou alors…

Il changea de poste. Sur l’écran tactile de celui-ci, il sélectionna webcam…

« Toi mon gaillard, marmonna le colonel, tu sais qu’on apprends pas au singe à faire la grimace… et surtout pas à moi… ».
Tout en sélectionnant les caméras de la salle où travaillait Geoffroy, il continuait de regarder l’autre écran. Mais il n’y voyait qu’une succession de fenêtres qui s’ouvraient, aux noms évocateurs…culx.com, minou.fr…

La caméra sélectionnée, il zooma sur le poste du pervers récalcitrant…

« Mais il matte sérieusement en plus !!! » S’en était trop. Le colonel bondit de sa chaise et fonça vers la salle.

Pendant ce temps, geoffrey imaginait les sbires s’offusquer à la vue des sites visités.

« Quelle idée j’ai eu de bidouiller ce petit prog’ pour occuper les matons… » Il ricanait…tout en déchiffrant l’origine du code de transfert sur une autre machine…celle juste derrière lui…
Il avait, un soir d’heures sup, trafiqué les connexions réseau pour relier un autre pc à celui de son poste habituel sans passer par les câbles du réseau interne bien sur…
Personne ne se préoccupait de ce poste depuis 3 mois…date à laquelle l’écran avait sois disant grillé… et la maintenance… «a tellement à faire dans l’immeuble !! » Il se revoyait en train de sortir son pipeau au technicien d’entretien…

Geoffrey n’était pas peu fier de cette trouvaille. Il pouvait ainsi, grâce à 2 miroirs perdus au milieu des nombreuses breloques de son bureau, jouer sur cet autre écran et l’éteindre d’un clic de souris…ni vu, ni connu…

Soudain, la porte vitrée de la salle fit un bruit assourdissant, si bien qu’il fut persuadé de la voir en mille morceaux alors qu’il se retournait.
C’était le colonel, vert de rage.

« Vous !!! Je savais qu’on ne pouvait pas vous faire confiance !!! »

Clic ! l’écran redevint noir. Alt+tab, il bascula sur une fenêtre de programmes restée active derrière les nombreux sites porno.

Il se leva, droit comme un i, mimant le garde à vous : « monsieur ? il y a un problème ? »

Le colonel fit une manipulation sur le clavier du faux soldat, et montra du doigt les sites coupables : « Et ça, c’est quoi ? Vous croyez que vous pouvez vous moquer du gouvernement impunément ? C’est scandaleux ! »

Sur ces paroles qui résonnaient dans tout le service, Desmote fit son entrée :
« Ce n’est rien mon colonel, ça lui arrive…ça le détends qu’il me dit…vous savez, ces gars là, ils sont un peu bizarres à force de programmer et de surfer…alors on tolère un peu de fantaisie de temps en temps… »

Geoffrey resta cloué sur place. Comment ? Comment lui, le pingouin péteux, peut-il venir à mon secours ?

Les yeux ébahis, il le regarda s’avancer vers lui, sans prêter attention au fait que le petit morceau de papier sur lequel était inscrit le code gisait à terre…

Desmote se baissa, ramassa le papier et le reposa sur le bureau de geoffrey, qui n’arrivait toujours pas à comprendre et à articuler le moindre mot.

« Mettez un peu d’ordre dans votre bureau tout de même, et retournez travailler. Vous ne voulez pas manquer de respect au colonel n’est-ce pas ? »

riwannPosté le: 2002-03-01 11:03   
Geoffrey bredouilla un « non » presque inaudible pour toute réponse…

Les apparences sont parfois si trompeuses se dit-il. Il avait appris à se méfier d’une telle quantité de choses et de personnes, d’abord dans son activité de pirate, puis durant son court séjour en cellule, que l’attitude du Despote ne pouvait apparaître qu’étrange. Pourquoi était-il venu à sa rescousse ? Celui-là même qui ne manquait pas une occasion de lui rappeler qui était le maître et d’où Geoffrey était sorti grâce à eux. Il s’égara dans ses pensées, se rappelant combien il regrettait de s’être fait prendre, même si son existence était plus simple maintenant. Il n’y avait plus à se couvrir sans cesse, protéger ses arrières, brouiller les pistes, fuir parfois… tout ceci n’était plus nécessaire, mais le piquant et l’excitation de la clandestinité virtuelle lui manquait parfois ; particulièrement lorsqu’il avait à supporter une hiérarchie militariste.

Madragues dévisagea sèchement Archibald Desmote, Monsieur Archibald Desmote, avant de s’en retourner aussi prestement qu’il était venu. Isabelle Malonne envoya un sourire complice à Geoffey qui aurait sans doute rougi si son esprit n’avait été occupé ailleurs, et emboîta le pas au colonel.

Desmote était hilare en regagnant son bureau dans lequel Madragues l’attendait. « Notre petit mise en scène a bien fonctionné n’est-ce pas ? » Lui lança t’il en s’affalant dans son large fauteuil de cuir marron…

Ce ne fût pas une journée très productive pour Geoffrey. Il ne cessait de tourner dans sa tête la scène de ce matin. Dans trois jours la prochaine action des « hackers libres » seraient dans les journaux. Il hésitait à agir. Trop de doutes l’assaillaient. Etait-ce un autre test de ses supérieurs ? Il rentra chez lui avec tous ces doutes, consulta ses messages, prit une douche et s’affala sur son lit…


Isabelle était plus belle que jamais. Elle portait un pantalon en soie beige, ample et souple, surmonté d’une veste de la même couleur dont la large ouverture laissait entrevoir la naissance de sa poitrine. La matière était fluide et laissait deviner les courbes parfaites de son corps. Ses chaussures à talons fins rehaussaient encore ses jambes interminables. Ses longs cheveux bruns n’étaient pour une fois pas attaché en ce chignon triste et rigoureux imposé par son statut professionnel. Ses yeux en amande exprimaient tout à la fois l’intelligence, le désir et la joie de vivre. Le maquillage était simple et discret mettant en valeur le dessin impeccable de ses lèvres. C’était de toutes évidences une femme magnifique.

Elle s’approcha de Geoffrey et repoussa la chaise sur laquelle il était assis pour travailler. Elle l’enfourcha, prit sa tête entre ses mains et le regarda droit dans les yeux. « Méfie toi des apparences Geoffrey, les gens ne sont pas ce qu’ils paraissent être… ». Elle remit ses cheveux en arrière d’un geste sensuel de la tête, ouvra la bouche à nouveau pour parler, et se mit à émettre des « bip » de plus en plus prononcés…
« Aïe !…ma tête !… décidément je n’aime pas les réveils matins ! »…
Quel rêve ! Cette « créature » l’obsédait donc au point de venir envahir ses songes ?

Il sourit à cette pensée, mais ravala rapidement son sourire. Il ne devait pas s’éprendre ainsi d’une femme, il ne le voulait pas. Trop de souvenirs lui revenaient encore en mémoire ; il ne pouvait oublier que c’était à cause d’une femme qu’il s’était fait pincé. Il avait eu du temps pour y réfléchir, et en avait tiré la conclusion qu’il n’était pas bon de trop s’attacher… et pourtant Isabelle commençait à le hanter… cette pensée le dérangea et il préféra la chasser de son esprit. « plus facile à dire qu’à faire ! »… Il pris la décision de se plonger dans le travail, sa passion ; il savait par expérience qu’une importante quantité de boulot permettait, non pas d’oublier les problèmes, mais au moins de ne pas trop y penser. C’était sans doute peu courageux de sa part, mais sa tranquillité d’esprit en avait besoin.

Ce matin il était bien décidé à tirer au clair cette histoire de code reçu sous le sceau du secret. Il arriva au bureau à 8h30 comme d’habitude. S’il avait toujours assurément du mal à se réveiller, cela ne l’empêchait pas pour autant d’être d’une ponctualité de métronome… il remarqua le peu d’agitation de la rue ce matin, et en traversant le parking des bureaux, il constata l’absence quasiment totale de véhicule. Cela faisait partie de ces petites choses qu’il notait, que son esprit notait, mais auxquelles il ne prêtait pas attention… en tout cas sur l’instant. Et il aimait regarder les gens, les observer, c’était une façon pour lui de se couper un peu de sa réalité virtuelle. Un paradoxe en somme. Les transports en communs qu’il empruntait chaque jour était une mine de recherches pour son étude de l’âme humaine, si complexe et mystérieuse à ses yeux.

Il présenta son badge au gardien, monta dans l’ascenseur. Le huitième étage était lui aussi vide, il gagna son bureau, alluma son micro ordinateur et comprit enfin pourquoi tout semblait désert. Nous étions samedi ! Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait, comme beaucoup de gens passionnés, il ne prenait pas vraiment la mesure du temps, et il lui arrivait d’en perdre toute notion, semaine, week-end, jours fériés, 11h ou 22h, tout pouvait parfois se mélanger, dans le but reconnu de finir le projet en cours. Comme, dans ces cas précis, il pensait constamment à son job, il était obsédé par le problème continuellement, il ne voyait pas l’intérêt de rentrer chez lui ou de faire quelque chose d’autre. Cela pouvait le rendre asocial. Il s’en rendait compte bien sûr, mais ne parvenait pas à lutter contre sa nature.

Quoi qu’il en soit, samedi ou pas, ce mystérieux code le hantait, il ne pouvait plus attendre…

Il reprit alors le déchiffrement de l’origine de ce code… Trois heures et demie plus tard, il pouvait enfin identifier l’émetteur du message, mais il n’en croyait pas ses yeux. Cela ne pouvait être lui, son ancien complice de toujours, celui là même qui avait plongé six mois avant lui et qui avait fini suicidé « volontaire » au fond d’une cellule du Delaware, du moins était-ce la thèse officielle… et pourtant le message avait bien la signature de son pseudonyme dans le « milieu », Jalrov, et les méthodes aussi…




[ Ce message a été édité par: riwann le 2002-03-01 15:57 ]

RedskinPosté le: 2002-03-12 19:14   
Jalrov,Jalrov,Jalrov,se nom resonnait dans la tête de Geoffrey,il restais devant son écran les bras ballant pendant présque dix minutes avant de reprendre ses esprits.

De son vrai nom Igor Evitch,ils se connaissaient depuis plus de vingt ans et se consideraient comme des fréres.

Ils s'etaient rencontré au collége via leur passion commune (les micros-ordinateurs et les jeux vidéo)et tout de suite ils sont devenus inseparables.
Déjà à l'époque ils avaient montés une petite entreprise de piratage.Jalrov etait capable de fabriquer a l'identique les micros-ordinateurs du moment (Oric atmos,MO5,amstrad)et geoffrey s'occupait des copies sur casette audio des jeux et surtout de la partie commerciale et financiére de leur organisation a but super lucratif.

Igor était arrivé en France a l'age de huit ans suite a la mort tragique de ses parents en Russie ou il avait échappé de justesse a la mort aprés l'éxplosion soit disant accidentelle de leur voiture.Il avait des sequelles de brulure sur tout le corp et sur une la moitié du visage.Il n'etait pas vraiment beau a voir et Geoffrey était un des seul qui ne lui avait jamais montré son handicap.Au contraire il avait même reussi à lui redonner confiance en lui et à surmonter sa difference physique.

Jalrov parlait beaucoup à Geoffrey de son enfance en Russie et s'etait fait la promesse de connaitre un jour la véritée sur la mort des ses parents.

Soudain l'ordinateur de Geoffrey se mit a bipper .....

[ Ce message a été édité par: Redskin le 2002-04-06 08:37 ]

baccaraPosté le: 2002-04-05 09:12   
Il se dépêche d’aller voir, tout a coup il a un moment de recul restant figé à réfléchir sur ce qu’il allait faire, et dans sa tête surgit le mot routine et questions, depuis combien de temps je vis cette malheureuse vie dépourvue de bon sens et de joie ? Cet écran me sort par les narines.
Autant que je me sens fort et unique sur ce que je fais, autant j’ai l’impression d’être inutile et ringard.
Mais malgré toutes ces questions il ouvre son message avec un léger recul toujours un dans ces cas la ce recul cette peur de l’imprévu et de la surprise, hanté par les messages et les coups de téléphones. La prison a du être dur mais la suite et encore plus cruelle, a quand le répit et la sérénité.
Il commence par lire son message a sa grande surprise le voilà, le message, ce massage qu’il a tant attendu et espérer.

NeoDertalPosté le: 2002-04-08 18:20   
"Salut à tous, John organise la fête vendredi à 16h00. Beaucoup d'invités, de la bonne humeur, temps magnifique. Pour la musique, T.E. s'occupe de tout comme d'hab. Retrouvez-vous à l'entrée Nord de l'ancienne station du WTC. Contacts sympas garantis. Moi j'ai hâte d'y être, chez nous on sait s'amuser.
Free and happy
Jim Rinf."

Geoffrey n'en croyait pas ses yeux. Il avait reconnu immédiatement son style et sa signature. Il resta un moment pétrifié, éberlué par ce message et décontenancé par la joie qui l'envahit brutalement et intensément, comme un coup de foudre. Il avait attendu désespérément de ses nouvelles avant d'apprendre sa disparition.

Puis il retrouva ses esprits et décoda ce mél selon la bonne vieille technique qu'ils avaient mis au point tous les deux, il y a si longtemps. Retenir le premier mot après chaque signe de pontuation et les initiales pour la signature : "Salut John, beaucoup de temps pour te retrouver. Contacte moi chez free. Jr". John était le pseudo de Geoffrey à une époque. Free alias http://www.freejunky.com, était l'un des sites qu'ils utilisaient autrefois pour communiquer. Jr était l'une des signatures de Jalrov, qu'il n'avait utilisé qu'une seule fois dans le passé ! Personne d'autre que Jalrov ne pouvait connaître ces détails.

"C'est lui, c'est bien lui ..." Cette fois, il était sûr que son meilleur pote était bien vivant. Geoffrey bondit de sa chaise et ne put contenir un cri de bonheur "yyyyyyyyyyyyeeeeeeeeeeeeeeeaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh". Après avoir fait plusieurs fois le tour du bureau dans tous les sens, il se rassit "calme-toi, calme-toi ... surtout ils ne doivent pas le savoir" pensa t-il.

Il ne fallait pas que le FBI apprenne que Jalrov était vivant, si tant est qu'il l'ignorait, et qu'il avait contacté Geoffrey. Il envoya une réponse factice destinée à tromper la vigilence des mouchards en tous genres qui trainaient sur son poste et sur le réseau.
"Ravi d'être invité, de faire partie des privilégiés. T.E. ou John connaît pas. Savoir à qui on envoit son courrier c'est le minimum ! Vivant et fier de l'être. A+".
Mais c'était aussi un message codé de la même manière ... "Quels paranos !" pensa t-il amusé, "si seulement j'avais pu l'être assez pour ne pas me faire choper ...".

Geoffrey ne pensait plus qu'à sortir du bureau, se pointer dans un cybercafé où il pourrait discrètement reprendre contact avec son alter ego. Il réussit à contenir son envie pendant une petite heure pour donner le change. Il fouinat sur le Web pour sa mission en cours comme si de rien n'était. Puis il sortit du bureau et au rez-de-chaussée le gardien amusé, lui lança :
- "Alors l'artiste, on fait des heures sup ?"
- "Quand on aime on ne compte pas" lui répondit Geoffrey.

Dehors le soleil réchauffait timidement cette matinée, une brise soudaine le fit frissonner un peu. "Il fait très beau aujourd'hui ..." se dit-il, souriant.

[ Ce message a été édité par: NeoDertal le 2002-04-08 18:29 ]

[ Ce message a été édité par: NeoDertal le 2002-04-08 18:31 ]

LNPosté le: 2002-04-22 16:56   
Geoffrey se dirige vers le cybercafé au coin de la rue tout à la joie de reprendre contact avec Jalrov. L’heure du repas approchant, il décide d’aller d’abord acheter un sandwich et de le manger dans le parc tout proche comme tous les midis. Cela lui permettra de réfléchir. Geoffrey sourit, sa mère a coutume de lui dire « réfléchi toujours avant d’agir », il ne l’avait pas fait quelques années auparavant et on sait ce que cela lui avait coûté, il était temps de s’y mettre. Pendant une heure il avait pensé à Igor, repassant tous leurs moments heureux mais avant de reprendre contact avec lui, il lui fallait faire attention. En y réfléchissant de plus près cela faisait beaucoup d’un coup. Geoffrey commence à mordre dans son sandwich tout en récapitulant ce qu’il lui est arrivé durant ces derniers jours : nouveau poste, nouvelle mission, hackers et enfin la réapparition d’Igor.
Ses pensées n’arrêtent pas de tourbillonner. Il lève la tête pour profiter du soleil et ferme les yeux sous les chaudes caresses de cet astre.

« Ah, la liberté ». Arrivé à son banc, il s’assoit face au bassin central du parc et commence à réfléchir tout en mangeant. L’éducation donnée par sa mère le rattrapait, qu’avait-il à ressasser toutes ces pensées au lieu de courir prendre contact avec son meilleur ami ? Son cœur se gonfla à la pensée qu’Igor était vivant. Mais tout de suite son humeur s’assombrit en repensant aux différents événements qui lui étaient arrivés dernièrement.

Igor était vivant, c’était un premier point pourtant il était censé s’être suicidé dans une prison du Delaware. Il ne s’est par conséquent pas pendu, c’est une évidence : deuxième point. Toutefois, il n’a jamais été question d’évasion or on ne sort pas d’une prison comme cela sans que les journalistes s’emparent de l’affaire. On a donc caché sa sortie mais pourquoi et comment ?

L’eau du bassin est calme, un petit garçon s’amuse à faire avancer son bateau en papier tout fier de le montrer qui vogue à sa maman. Geoffrey le regarde distraitement.

Non, s’il y avait eu évasion, la télé en aurait parlé… Igor n’a pas pu sortir comme cela de la prison sauf si… Geoffrey fronce les sourcils sauf si… on avait fait comme pour lui ! Il se lève d’un coup,

« Les co.. ! Ils ont encore essayé de m’avoir ! » Geoffrey commence à marcher d’un bon pas vers son bureau.

« Les m..deux, ces satanés bâtards ! »

Fou de colère, il accélère le pas pour s’arrêter net quelques mètres plus loin.

« Réfléchis Geoffrey, réfléchis… » Il fait demi-tour et va se rasseoir sur le banc. Le petit garçon le regarde d’un œil curieux et sa mère le rappelle, il doit avoir l’air bizarre.

Geoffrey inspire une ou deux fois à pleins poumons pour se reprendre.

« Bon, récapitulons :


1) Igor est vivant.

2) Il m’envoie un message censé venir des hackers libres dans lequel il est question de la banque internationale du séquençage du génome humain.

3) Ils ont fait semblant de me tester avec l’histoire de la souris optique et du morse.

4) Desmote m’a soutenu face au colonel en faisant semblant de ne pas lire mon petit papier avec les soi-disant codes.

5) Isabelle m’a demandé des infos à la soirée d’Antoine. Elle ne m’a jamais précisé lesquelles.

A ce stade de sa réflexion Geoffrey sent de nouveau la moutarde lui monter au nez. Il se reprend avec de grandes inspirations.

« Quel merdier, dans quoi me suis-je encore fourré ! »

Bon, je reprends dans l’ordre :

1) Ma réponse à Isabelle a du les convaincre de tenter le coup avec moi. Si je me souviens bien, je lui ai répondu que je pouvais éventuellement l’aider si ce qu’elle me demandait ne m’envoyait pas en prison. Il ne fallait donc pas que ce soit illégal.

2) Ils m’ont tendus un piège bidon pour me faire croire qu’ils me testaient.

3) Ils me testaient vraiment avec le message d’Igor

4) Igor est vivant et travaille pour eux !

5) La mission dont ils m’ont fait part sur les vols de banques n’est pas tout a fait exacte, il y a autre chose…

6) Que vient faire le séquençage du génome humain dans tout ça, encore un truc bidon ?


Cette fois ça y est, il est calme. Il est temps d’aller demander des comptes au colonel. Geoffrey part d’un bon pas vers son bureau.

Arrivé devant la porte du colonel, la colère a eu le temps de remonter, il frappe et entre de suite sans attendre de réponse.

Ce dernier le regarde sans aménité, Isabelle est près de lui.

« Que désirez-vous Mr Dupré ? »

Geoffrey le foudroie du regard ainsi qu’Isabelle.

« Il serait temps que vous me disiez la vérité mon colonel ! Et que vous arrêtiez de me promener avec vos salades ! Ou est Igor et qu’elle est cette fichue mission ! ? » Son ton était monté petit à petit.

Le colonel le regarde fixement et commence à sourire.

« Enfin ! Je me demandais si vous arriveriez jamais à sortir de vos mauvaises habitudes de hackers »

Geoffrey serre les dents et le regarde toujours d’un œil noir mais ne répond pas.

Le colonel le regarde et désigne Isabelle.

« I. Malone est bien un agent de la communication mais travaille pour la section spéciale. Elle va vous dire ce qu’il en est. Moi, je m’en lave les mains désormais, je suis heureux de me débarrasser de vous, cela ne me plait pas de travailler avec d’anciens hors la loi ».

Isabelle se tourne vers Geoffrey qui est prêt à bondir sur le colonel.

« Suivez moi Mr. Dupré, je vais vous expliquer ».

Ils sortent du bureau du colonel et se dirigent vers les ascenseurs ou Isabelle sort une carte lui permettant d’accéder aux étages supérieurs jusqu’ici interdits à Geoffrey.







_________________


[ Ce message a été édité par: LN le 2002-04-22 17:56 ]

MégaloPosté le: 2002-04-30 12:24   
Ils patientent devant l’ascenseur, silencieux.
C’est alors que Geoffrey commence à en ressentir les effets.
Il a déjà vécu maintes fois ce genre de symptômes quand il était jeune.
Il sait exactement ce qui risque d’arriver.

Cela commence par une crise d’angoisse qui allant crescendo, vous dévore jusqu’à la tétanie.
La tension nerveuse de ces derniers temps, jusque là contenue, semble désormais vouloir se manifester.

Isabelle le prie de pénétrer dans la cage d’ascenseur.
Elle ne s’aperçoit pas de la fièvre qui gagne son compagnon.
Geoffrey à apprit à dissimuler son mal à son entourage.

Il réagit mécaniquement aux sollicitations d’Isabelle.

D’instinct, il a déjà replongé dans l’univers Mythique de CentPourCent, le monde imaginaire de son enfance.
La seule parade qu’il ait découvert afin de verrouiller ces crises au stade embryonnaire avant qu’elles n’atteignent une intensité plus importante.

Les héros de CentPourCent lui reviennent au hasard à l’esprit:

Le dieu Quinine, (époux D’Elle-Laine, elle-même demi sœur D’Elle-Tricott) qui tisse des mondes sur la grande toile de l’univers.
Riz-one le grand céréalier d’Ontebenne.
Caesar le fidèle défenseur des nains de l’Octet face au Néo-Fenestrage agressif des hordes expansionnistes des Portes Billiennes.
Tiank le bras armé de CentPourCent. Juché sur ses redoutables Pinux, volatiles polymorphes en quête de leçons de vol, il épaule parfois Caesar dans son combat.
Tavern, le grand régulateur des débits de boisson.
Sansprime, cinquante pour cent de Tax de Fongecif.
Triste-cyan, l’alchimiste des mots millénaires (ou bien l’alchimiste millénaire des mots, on n’a jamais bien su). Dépité de la bêtise des hommes, certains affirment qu’il redonna un jour au bandit Etrique-Jean sa forme initiale de pelote de coton.
Pire-Hier, le jeune roc optimiste , Raidfrime le messager hurlant…
El mérous, Grand Prédateur des mer d’Anis, fier descendant de Neptune et d’une sardine espagnole.

...

Une brève secousse le tire brutalement de ses rêveries.
L’ascenseur vient de s’immobiliser.
Grâce à cette furtive évasion, il se sent mieux.
La crise semble provisoirement enrayée.
L’angoisse a cédé la place à la curiosité.
Tandis qu’Isabelle l’observe, impassible, les portes de la cage s’entrouvrent.

tazandrinePosté le: 2002-05-12 22:10   
Les portes de l’ascenseur lambrissé d’acier s’entrouvrent dans un doux gémissement.
- « suivez-moi » lui dit Isabelle, « nous sommes attendus ».
- « Par qui ? »
- « Il va falloir patienter encore un peu pour les questions, monsieur DUPRE. Mais ne vous inquiétez pas, vous aurez rapidement toutes les réponses... » .

Geoffrey ne peut s’empêcher d’être exaspéré par l’attitude autoritaire d’Isabelle, mais en regardant de dos la plastique de la jeune femme, il la trouve malgré tout très sexy. Au-delà de son tailleur strict, elle a une classe et surtout des jambes... interminables qui ne le laisse pas indifférent.

Ils arrivent en haut de l’immeuble, sur une terrasse ou ils entendent au loin les clameurs de la ville et les klaxons... Mais ce qui frappe le plus Geoffrey, c’est l’hélicoptère... énorme... imposant.

- « Venez, je vous emmène faire une balade, monsieur DUPRE ».
- « ou la là, pas si vite ma belle. Je ne monte pas dans ce monstre volant, si vous ne m’expliquez pas le pourquoi du comment ».
- « Arrêtez de faire l’enfant. Vous devez me faire confiance. Je ne peux rien vous dire pour le moment ».
- « Secret défense ? ».
- « Exact. Aller venez. »

Tout en montant dans l’appareil avec réticence, Geoffrey dit avec ironie : « j’espère que le pilote connaît tout du décollage et de l’atterrissage ».

Sans un regard, Isabelle s’installe en face de lui dans l ‘appareil. Le voyage ne semble pas interminable à Geoffrey, qui prend le temps d’observer discrètement la finesse des traits de sa voisine, sa bouche généreuse, ses yeux d’un vert profond... si profond qu’il aimerait s’y perdre.

- « Regardez sur votre gauche monsieur DUPRE. Nous survolons le désert de l’Arizona et le peu que vous pouvez en apercevoir est votre nouveau lieu de travail. Dorénavant, oubliez le FBI, vous allez travailler pour la NSA : la National Security Agency qui a pour mission d’assurer l’interception et le décryptage dans le domaine de l’espionnage électronique. Les Etats-Unis ont un département d’état qui travaille sur l’intelligence artificielle. Nous sommes en avance dans ce domaine par rapport au reste du monde, ce que certains pays que nous croyons plus ou moins endormis convoitent.

Je crois que nous allons vous faire plaisir, monsieur DUPRE. Vous allez pouvoir travailler avec d’anciennes relations perdues... et nous avons créer autour de vous ce que nous pensons être la meilleure équipe dans le piratage informatique. Ne croyez pas que vous soyez le seul que nous ayons sorti du néant...

Vous ne pouvez voir la structure, temple de la recherche informatique, enfouie sous terre. Seules apparaissent les cheminées d’air conditionné dont la fonction est de protéger les ordinateurs de la surchauffe.

Je vous en dirai davantage dès que l’équipe sera au complet. Mais nous voici arrivés, monsieur DUPRE...

DeauvillePosté le: 2002-05-14 21:58   
Pendant que l’hélicoptère amorçait sa descente, elle lui décrivit succinctement le secteur. Le village, à deux kilomètres du centre de la NSA, un drugstore, un pompiste, un saloon, un cybercafé et quatre cents habitants. « Des ploucs, mais ici tout est disponible… dans la semaine et sur commande, bien sûr ! », ajouta t’elle.
« -C’est paumé, mais sûrement nécessaire contre l’espionnage ». Se dit il.
« -Le NSA vous a réservé une chambre avec kitchenette au motel que vous apercevez à la sortie du village à gauche, une Jeep vous y conduira ce soir » et elle ajouta avec un sourire appuyé : « j’ai fait prévoir pour vous deux T-shirts, deux caleçons, et un jean’s, qui sont déjà là bas, j’ai oublié de vous prévoir un pyjama, mais vous ferez sûrement un tour au drugstore dans la soirée, non ? »
Geoffrey, rougit légèrement : « -vous connaissez donc mes mensurations ! ».
« -Nous avons votre fiche anthropométrique, et je connais aussi votre casier judiciaire…Mais sont-ce vos mensurations qui vous gênent le plus ? ». Reprit-elle en lui lançant un regard noir.
« -C’ est étrange, tantôt elle m’allume, et l’instant d’après elle me jette un seau d’eau glacée pour maintenir les distances ».Pensa t’il.
« -Ah ! Je dois quand même vous prévenir que votre mission ici consistera à repérer la « Taupe », la démasquer, et nous la livrer. En fait nous le soupçonnons mais nous manquons de preuves, ses dossiers sont codés, son PC comme tous ceux qui sont ici, sont protégés par mot de passe et nous ne savons pas où se trouve ce que nous cherchons, il faudrait que vous perciez ses codes d’accès à notre avis. Il se trouve dans votre futur service, où vous serez sous l’autorité de Mr SEBKHIRINE et de sa femme Ellen, qui travaillent conjointement sur le projet, mais lui, vous ne le verrez que demain, car il rentrera tard ce soir, étant en maintenance sur un autre site pour la journée ».
L’hélicoptère s’était posé, et le bruit du moteur baissait crescendo pendant qu’un grand type sportif s’approchait baissé, pour leur ouvrir la porte, « voici Christopher MAYRUWE, un de vos collègues, grand pêcheur devant l’Eternel, si vous vous retrouvez avec un hameçon planté dans la main, il lui appartient certainement, comme des plombs de pêche, ou un bas de ligne, et vous n’aurez aucun mal à reconnaître son bureau encombré de ce genre d’accessoires ! », dit elle. Christopher sourit sous le portrait qu’Isabelle avait brossé de lui.
Quand ils furent dans le bâtiment , elle lui présenta Ellen SEBKHIRINE, Joël SAURON, puis quelques autres personnes, et enfin un jeune homme en blouse blanche, « Je vous présente Peter LAUBYTE en contrat formation ; ici il met en pratique ses études de technicien en maintenance informatique ».
« Je vais devoir changer ce disque dur, mais je ne désespère pas de récupérer les données ! », bredouilla celui ci.
Geoffrey s’installa au seul bureau qui se trouvait de libre en face de SAURON. De toutes façons, il lui fallait aussi débusquer le responsable des fuites d’informations confidentielles, et son petit doigt lui disait qu’il l’avait juste en face de lui. Il se mit à se repasser le déroulement de la journée dans sa tête, depuis ce matin.
Au bout de plusieurs jours, il était persuadé de la culpabilité de SAURON mais il fallait qu’il trouve un stratagème pour le coincer. Et la providence vint presque à son secours sans le vouloir…
A l’angle opposé de la pièce, Peter LAUBYTE, de plus en plus énervé, jeta rageusement la boite et son CD sur le bureau où le tout atterri bruyamment. La « Taupe » reposa son gobelet de café tiède, et se retourna pour voir ce qui se passait. Geoffrey se leva vivement en bousculant volontairement son bureau collé dos à dos, à celui de son ennemi supposé; ce qui eût pour conséquence de renverser le gobelet sur le bloc multiprise où étaient raccordés leurs deux micros.
Il poussa alors un « Oh *****, alors !», juste pour attirer le regard de SAURON, afin qu’ il puisse constater l’étendue des dégâts, et il coupa instinctivement le bloc d’alimentation, pour éviter un court-circuit. SAURON haussa les épaules et blêmi :
« -Aussi maladroit qu’imbu de lui même, et débarquant avec ses grands airs ! Tu va me faire le plaisir de me remettre tous ça en état et proprement…Y’a de l’essuie-tout aux toilettes, fais gaffe qu’il ne reste pas de café dans le bloc électrique, avant de rebrancher et estime toi heureux que je ne te demande pas de me rembourser mon café ! D’ailleurs, j’ai maintenant le temps d’aller m’en servir un autre, car à vue de nez, t’en a bien pour un quart d’heure à faire la boniche, alors bon courage ! »
Et il sortit du bureau en claquant la porte. Il la rouvrit aussitôt en disant : « d’ailleurs, vu l’heure qu’il est, autant que je rentre chez moi, je ne vais pas m’y remettre pour dix minutes, bonsoir tout le monde ! » Et tout en jetant un regard haineux vers Geoffrey, il ajouta à son intention : «Et puis d’ici demain, ça aura eu le temps de sécher ! »
Geoffrey se mit alors en quête d’une éponge et d’une cuvette, ainsi que de papier, et se mit au nettoyage de sa maladresse (Oh, combien volontaire de sa part), sous les regards amusés des autres occupants des lieux. MAYRUWE lança à la volée :
« -Bah, t’inquiète pas, c’est un ours mal léché, vieux avant l’âge, célibataire endurci et aigri par voie de conséquence, mais il est surtout en pétard parce que tu lui a coupé son film porno qu’il était en train de mâter sur le Web! »
Il débrancha les câbles secteurs des unités, ceux des écrans, les souris, et les claviers des deux bureaux maculés de café froid et à présent poisseux. Il rinça bien à l’éponge, puis essuya avec le papier. Enfin il entreprit de remonter le tout en ayant grand soin d’intervertir tous les câbles entre les deux PC, afin de pouvoir scruter le contenu du disque dur, du PC de son vis à vis, et le tout à l’insu de tous les témoins présents.
Enfin, il ralluma le bloc-prises et le PC se ralluma après un scandisk presque normal après un arrêt aussi sauvage.
Il pouvait argumenter de faire un peu de rab ce soir, et après son quart d’heure de ménage, aucuns ne s’en étonneraient.
Il commença donc d’étudier les documents cryptés de la « Taupe » qui se précisait au fur et à mesure de ce qu’il découvrait.
Aucun cryptage, d’aucun dossier, ne lui résistait plus de trente secondes…Non seulement, c’était bien lui la taupe, mais en plus il n’était vraiment pas doué pour le dissimuler face à un des meilleurs hackers mondiaux comme Geoffrey.
Enfin il tomba sur ce qu’il cherchait : Evidemment, c’était crypté mais en plus, c’était en morse. Il cherchait à se rappeler ses souvenirs du peu de morse dont il avait usé, il y a bien longtemps. Des bribes lui revenaient mais insuffisamment pour traduire la page de lettres écrites…
Il déchiffra quand même : « --- -- --- … --- -- . -.-- » correspondant aux lettres « omosome y » .
Car c’était les lettres parmi les plus simples à retenir de l’alphabet morse. Chromosome Y ! C’était ça, et ça confirmait bien la piste du génome humain.
Tous le monde était parti progressivement sans qu’il s’en rendit compte, tout absorbé qu’il était, il était maintenant seul dans le bureau, et la nuit commençait à tomber, il jeta un oeil vers la pendule dans la pénombre qui lui confirma son impression. Il n’allait pas passer la nuit ici, et de toutes façons il butait sur sa traduction de morse.
Il lui fallait enregistrer ce fichier pour l’étudier ultérieurement, chez lui et à tête reposée, et il prit alors une disquette neuve dans la boite posée sur le bureau pour le recopier dessus. Ce lecteur de disquettes, avait la particularité d’être brutal à l’éjection, et il savait volontairement faire en sorte qu’elle tombât sur le sol, quand ça l’arrangeait, ce qui en l’occurrence était bien le cas à présent.
Il étira ses jambes en reculant son fauteuil à roulettes, (ce qui eut pour effet de faire remonter son jean’s à hauteur du mollet, et sa disquette de secours était donc à présent bien visible, maintenue en place par l’élastique de sa chaussette) tout en étirant les bras en arrière, avec un profond et bruyant bâillement pour les caméras de surveillance toujours en activité. Puis il éjecta la disquette du lecteur qui tomba évidemment par terre.
Il se baissa alors pour la ramasser et…ce n’était bien sûr plus la même, qu’il reposa en évidence sur la boite du bureau, et il sourit intérieurement (tout en se mordant les lèvres), en pensant à l’étonnement des équipes de surveillance qui l’éplucheraient car elle ne contenait qu’ « une liste de commissions en format bloc-notes ».
Il se leva, les jambes du pantalon retombèrent sur les chaussures, la disquette disparût dessous.
Il se posait à présent le problème de savoir comment intervertir à nouveau les câblages des deux PC, les écrans, claviers, et souris intervertis finiraient par être découvert, et il ne pouvait pas décemment, devant les caméras de surveillance et sans le prétexte d’un gobelet de café ré-intervertir les câblages, surtout sans attirer l’attention des surveillants du bunker qui visualisaient les circuits de télévision interne.

[ Ce message a été modifié par: Deauville le 2002-05-15 00:04 ]

TianPosté le: 2002-05-20 18:28   
Il y réfléchit... Mais commence alors à ne pas trouver de solution. Et comme dès qu'une situation le dépasse, l'angoisse monte alors en lui. Insidieuse, sournoise, petit à petit elle prend possession de son corps. Tout d'abord sa respiration se fait difficile. Puis petit à petit des picotements dans le visage et les doigts. Et cela remonte ensuite dans les mains puis les bras.

S'il se laisse aller, il finit incapable de faire quoi que ce soit, si ce n'est agiter frénétiquement ses membres engourdis.

Il doit s'occuper l'esprit et se concentrer uniquement sur des moyens de remettre tout en place. Tout en y réfléchissant, il efface tout trace de son passage sur l'ordinateur qu'il vient d'infiltrer. Etant directement sur la machine en question, cela est d'une facilité déconcertante pour lui.

"Ca y est, je sais!" se dit-il intérieurement "mais encore quelques instants à attendre pour mettre ce plan en pratique"

Effacer toutes traces des commandes tapées dans les historiques stockés. Modifier les dates d'accès aux fichiers. La routine lors d'une intrusion.

La structure du bâtiment lui permet de voir le couloir à l'opposé. Lorsque celui-ci s'éclairera, deux des vigiles présents dans le bâtiment feraient leur ronde dans cette partie. Cette ronde ne se fait bien sûr pas à heure fixe pour des raisons de sécurité, il faut donc observer et attendre. Et quand cela se produira, une seule personne sera présente dans le centre de surveillance à scruter les écrans.

Ca y est la lumière envahit le couloir opposé. Geoffrey commence alors à prendre à prendre sa veste qui est posée sur le dossier de sa chaise. Il regarde alors avec effroi le mur opposé! De peur, il tombe à la renverse, sa veste tombant "par mégarde" au milieu des câbles au sol. Il reste au sol, fixant un point imaginaire.

"Il ne devrait pas tarder"

Etant donné que le poste de surveillance est plus prêt de son bureau que le lieu où se trouvent les deux autres gardiens, c'est celui qui observe les écrans de contrôle qui devrait arriver.

Les néons du couloir s'allument.

"Il est à 100 mètres. J'ai peu de temps"

Tout en ramassant sa veste, il remet en place les différents câbles. Il sait que sa manoeuvre n'est pas très discrète, mais si personne ne s'aperçoit ensuite d'un quelconque problème, les enregistrements vidéos seront ensuite archivés tout simplement. Il fallait simplement que personne ne soit témoin direct de la scène.

La gardien entre alors dans le bureau:

"Que se passe-t-il?"

"J'ai... j'ai... j'ai vu... une énorme araignée sur le mur!" balbutie Geoffrey.

"Pfff. Je retourne à mon poste". Et en grommelant il ajoute: "Ca fait partie de l'élite ça? N'importe quoi!"

"Excusez moi" ajoute Geoffrey. "Bonne soirée. Je vais rentrer, des fois que cette araignée soit toujours par là"

"C'est ça, bonne soirée"

Il était à présent temps de rentrer pour examiner le contenu de cette disquette.

PierrePosté le: 2002-05-28 01:30   
Il se dirigea donc vers le couloir. Il dit bonsoir au garde de la surveillance qui lui jeta un regard maussade et lui adressa un signe de tête ; les deux autres qu’il croisa dans le couloir ne lui prêtèrent guère plus d’attention, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Une fois arrivé au rez-de-chaussée, une main lui tapota l’épaule.

Il se retourna. C’était Isabelle, qu’il n’avait vu depuis plusieurs jours déjà, trop absorbé qu’il était par son travail, mais avec qui il était resté en contact par Internet pour faire chaque soir son rapport en rentrant. Ainsi avait-il eu droit à un portable avec modem.

<< Bien joué. >> lui dit-elle avec un clin d’œil et un sourire. << Suivez-moi. >>

Un bref instant il tenta de prendre un air innocent et de n’avoir l’air de rien, mais le sourire de cette si charmante demoiselle lui fit comprendre que c’était peine perdue. Ils s’installèrent dans une limousine, l’un en face de l’autre. Elle approcha d’elle un portable déjà allumé.

<< Je suis fière de vous. Nous avons d’autres moyens que ceux de la simple sécurité, comme vous pouvez vous en douter, et j’ai un écran spécial pour vous. Ce furent vos premières heures supplémentaires de la semaine, vous ne pensiez tout de même pas que cela allait passer aussi facilement ? Mais je ne doute pas avoir été la seule à m’en être préoccupée…
Puis-je faire une copie de ce que vous avez obtenu ? >>

Dans cette phrase, elle avait mis tant de charme qu’il ne pût la quitter des yeux pendant qu’il prenait sa précieuse disquette et la lui tendait.

« Elle fait la toute gentille pour que je la lui donne, et la prochaine fois que je la vois, elle m’allume à coup sûr dans l’autre sens du terme... »

Elle sembla deviner ses pensées et parût amusée, comme pour confirmer.
La disquette tomba par terre. Il allait se baisser mais elle fût plus rapide. Elle la ramassa gracieusement. Au passage le regard de Geoffrey tomba sur son décolleté (« Glups »).

Elle effectua la copie comme si de rien n’était.

« Voila, j’en ai un double, merci beaucoup. Ne vous inquiétez pas, je n’ai rien effacé. D’ailleurs j’ai vu que vous avez eu le réflexe de la protéger en écriture.
Surtout n’en parlez pas, bien entendu. Sauf peut-être à une certaine personne… travaillant avec vous en parallèle… mais nous en reparlerons une autre fois, il n’est pas encore temps. De toute manière vous ne l’avez pas encore vue. »

Elle lui tendit sa disquette et lui souhaita une bonne soirée de travail, car ils étaient arrivés devant son habitation à la sortie de la ville (le NSA ayant préféré finalement qu’il ait le moins de contacts possible avec l’extérieur).

Il prit une douche et s’assit à son bureau, alluma son portable, se connecta à Internet : trois nouveaux mails, dont deux contenant des virus, très peu de nouveaux messages sur son propre forum.

« Logique, c’était sensé être férié aujourd’hui. Je vais vraiment devoir bosser on dirait, tout se ligue pour. » pensa-t-il.

Il venait d’insérer la disquette lorsque le téléphone sonna. Il le regarda d’un air plus que suspicieux. Personne n’a son numéro. Pas même lui-même : il doit rester secret. Seule Isabelle doit l’avoir normalement. Est-ce elle ? Ils ne sont sensé communiqués que par mail s’ils ne sont pas ensemble.
Ce téléphone ne servait en réalité qu’à rassurer sa mère, avec qui il était resté très vague, il lui avait dit avoir été muté ‘’de manière provisoire mais indéterminée’’, ce qui était vrai.

Il se décida à décrocher. Il entendit quelques mots. Les mots habituels du code pour dire : « on est écoutés ». Un code que seul lui et Igor connaissent. S’ensuivirent alors quelques phrases, toujours dans leur code secret, que personne ne pouvait comprendre. Personne ne pouvait non plus discerner l’excitation des deux, qu’ils tentaient chacun de dissimuler. Le lieu de rendez-vous ayant déjà été préalablement décidé par Igor, la conversation se termina rapidement en excuses, c’était une « regrettable erreur ».

Il se dirigea aussitôt vers le lieu donné, à quelques centaines de mètres de là, un endroit de pleine nature avec plein d'arbres au cas où pour se cacher, Igor était toujours aussi prévoyant. Ils se retrouvèrent et s'étreignirent.

« Igor !
- Geoffrey !
- Heureux de te retrouver, vieux frère !
- Moi aussi ! Ne t'inquiète pas, on ne risque rien ici. Ils pensaient décider du moment de nos retrouvailles… Hahahaha ! Viens par là, on va faire un tour et discuter… On a pas mal de choses à se raconter, je crois. »

...

uuvvwwPosté le: 2002-06-12 10:32   
Ils avancent de quelques pas dans la pénombre.
Geoffrey est volubile, depuis le temps qu'ils ne s'étaient vus, il se met à raconter tout ce qui lui est arrivé ces cinq dernières années, en insistant sur les évènements des derniers jours quand soudain Igor se retourne vers lui et lache :

"-Geoffrey, tu es dans la panade. Tu ne roules pas dans la bonne écurie. Je ne peux pas t'en dire plus pour le moment, mais sache que je vais faire tout pour te sortir de ce merdier.
- ...
- Tu dois me faire confiance.
- ...
- Geoffrey, la disquette, donne-la moi !
- Quel disquette ? De quoi parles-tu, pourquoi ne suis-je pas dans le bon camp ? Igor, expliques-moi !
- La disquette qui contient les données que tu as piqué à SAURON et que "l'autre" a copiée ... tu dois me la donner !"

Geoffrey regarde son ami incrédule. Il lui semble que le sol s'ouvre sous ses pieds. Est-ce bien son vieux frère d'armes Igor qui lui parle ainsi ?
Lui toujours si désinvolte, toujours si confiant, toujours si insouciant ... alors que Geoffrey est toujours si nerveux et sujet à de terribles crises d'angoisse. Est-ce bien Igor qui se trouve en face de lui, le regard dur et de grosses perles de sueur dégoulinant sur son visage ...

"- Pourquoi veut-tu cette disquette ? Que veux-tu en faire ?
- La détruire ! Faire disparaître les traces de l'appartenance de SAURON à ...
-A quoi ?"

Igor marque une pause, il semble vouloir parler, se ravise, tourne le dos à Geoffrey puis le regarde à nouveau.

" - Disons que ... c'est comme une partie d'échecs, il y a le camp blanc et le camp noir.
Tu es un pion, je suis un pion, SAURON est un pion et même un mauvais pion qui laisse des traces derrière lui.
Note que peu de personnes auraient été capable de retrouver ses traces. Toi, moi et quelques autres, pas plus !".

Une pause, et puis

" - Une gigantesque partie d'échec, Geoffrey ! Des milliers de pions ! Chaque camp se bat sur plusieurs fronts.
Chaque camp est aussi fort que l'autre ... pour l'instant ! Mais toi et moi et les "quelques autres" ont peu donner à un camp un arme décisive. Le contrôle de net, le contrôle du virtuel, les médias électroniques !
Tu ne vas pas rester toute ta vie à faire le larbin pour ces gens, quand même ?
Tu sais ce qu'il t'arrivera le jour où ils n'auront plus besoin de toi ? Au mieux tu retourneras en prison ...".

Encore une pause ...

" - SAURON est une taupe, mais une taupe qui doit encore rester enterrée quelques temps ...".

Une nouvelle pause, puis

- ... donne la moi !" reprend Igor d'un ton dur.
" - Elle ne te servira à rien ... puisque Isabelle en a une copie.
- Oh Isabelle ! Elle n'est déjà certainement plus une menace à l'heure qu'il est ...
- Que veux-tu dire ?".

Mais le regard d'Igor est suffisamment explicite ...

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Vigo a un physique passe-partout. De taille moyenne, plutôt rondouillard, une moustache, un début de calvitie... un vrai physique d'américain moyen.

A une exception, son regard, froid comme la glace, froid comme la mort.

Vigo est un semeur de mort. Pas de ceux qu'on voit dans les films, qui débarque en tiraillant et font disparaître leurs victimes dans l'acide.
De tel "professionnel" ne resterait pas en liberté ou en vie très longtemps.
Non, la discrétion est la meilleure assurance-vie du tueur.

Vigo paye son loyer dans les chambres meublées qu'il prend avec ponctualité. Il ne fait jamais de bruit, ne dérange jamais ses voisins, ne boit pas.
Si une bagarre doit éclater dans un bar où il se trouve, il est déjà loin quand le premier coup est donné. Il paye son parking, traverse dans les "clous" et ne commet jamais d'écart de quelque sorte. Vigo est anonyme, passe-partout, invisible...

Il regarde les deux photos posées sur le bureau, ses deux prochains contrats. La première représente un femme, une femme d'apparence autoritaire, vêtue d'un tailleur stricte mais dotée d'une paire de jambes interminables et d'un regard vert émeraude. L'autre photo représente un homme de grande taille, un informaticien à ce qu'on lui en a dit.

Ancien taulard reconverti en agent secret.

Igor ...

kirinPosté le: 2002-06-21 18:42   
Le regard de Geoffrey se teinte d’inquiétude face au silence d’Igor lorsqu’il ose enfin demander :
"
- Elle n’a déjà plus la disquette ? Ou...
- Si tu veux...
- Bon sang !
- Mais que...
"


Geoffrey, ventre à terre, est d'ores et déjà parti en direction de la zone des bungalows où il sait trouver celui d’Isabelle. Il faut dire que c’est bien une des premières choses qu’il s’est empressé d’apprendre en arrivant ici.

Le départ inattendu et en trombe de Geoffrey laisse Igor interdit plusieurs longues secondes avant qu'il ne réalise et s’élance à son tour, tout en pensant :

" Satané Geoffrey ! Il me faut cette disquette ! "

Bien décidé à le rattraper et pensant que ce sera vite fait, sa stature et son entraînement lui donnant un avantage qu’il estime certain, Igor accélère. Mais à sa grande et déplaisante surprise, Geoffrey semble plutôt voler que courir ! Finalement, au bout de 3 longues minutes, Igor commence sérieusement à reprendre du terrain lorsqu’il se rend compte qu’ils seront bientôt en vue du bungalow d’Isabelle...


" Bon sang la zone sécurisé ! Tout est filmé ici, cet idiot va nous compromettre ! " pense-t-il à toute vitesse.

Igor pile à un angle de Bungalow, hors du champ de vision des premières caméras et crie à Geoffrey, entre deux respirations sifflantes :

" La zone est sous vidéosurveillance idiot ! "


A ces mots, Geoffrey ralentit presque jusqu’à s’immobiliser avant de repartir d’un footing nonchalant.

" ***** ! Tant pis, il faut que je sache... "


Geoffrey sonne avec inquiétude et insistance depuis déjà près de dix secondes, lorsque qu’enfin lui parvient le :

" J’arrive !"

d’une voix féminine exacerbée mais au son de laquelle Geoffrey pousse un soupir de soulagement malgré lui. Isabelle ouvre la porte, vêtue d’un peignoir de bain et portant une serviette autour de la tête. Sa voix cingle lorsqu’elle demande :

"
- M. Dupré, que me vaut cette visite nocturne et impromptue ?
- C’est que...
"

Un silence gênant s’installe durant lequel domine surtout le bruit de forge des poumons de Geoffrey. Isabelle ne le lâche pas du regard et ce dernier n’a rien de bienveillant !

" Alors je vous écoute ? " reprend-t-elle d’un ton sec.

Finalement, Geoffrey arrive à balbutier :
"
- Vous... vous allez bien ?
- Très bien à part une méchante migraine. Mais je suppose que vous voyez exactement ce que je veux dire.
"

Avant que Geoffrey n’ait le temps d’essayer de comprendre le sens de sa réponse et le pourquoi de son ton particulièrement glacial, un crissement de pneus et le bruit d’un moteur emballé se fait entendre.

" La sécurité. Laissez-moi faire et surtout, taisez-vous Geoffrey ! "

lui ordonne-t-elle en lui saisissant vigoureusement le bras. Mais déjà deux MP sautent de leur Jeep, arme au poing, devant le bungalow d’Isabelle et les yeux surpris de Geoffrey.

" Que se passe-t-il ici ? Monsieur que faites vous ici et pourquoi arrivez-vous dans la zone de sécurité, la nuit en courant comme un dingue ? "

Isabelle toise les 2 MP de son regard le plus glacial. Silence : seul le moteur au ralentit de la jeep se fait entendre. Le soldat s’apprête à reprendre la parole, mais Isabelle ne lui en laisse pas l’opportunité :

" Merci de votre sollicitude Messieurs, mais vous pouvez ranger vos joujoux préférés et retourner à votre casemate. M. Dupré est simplement venu de toute urgence, à ma requête, et a estimé nécessaire de faire diligence. Erreur de communication, il n’y avait rien de vraiment si urgent, mais ce n’est pas grave. Entrez Geoffrey, nous serons plus à l’aise pour parler. "

Et avant que le MP ait eu le temps de réagir, elle tourne les talons et rentre chez elle, suivi par Geoffrey qui ne se fait pas prier, surtout qu’il a remarqué que dans le feu de l’action Isabelle vient de l’appeler par son prénom !

" Fermez à double tour derrière vous, vous serez gentil M. Dupré, on n’est jamais trop prudent de nos jours... même dans la zone sécurisée... "

Arrivé dans le salon Geoffrey constate qu’Isabelle a échangée sa serviette contre un sac de glace qu’elle maintient contre sa nuque, grimace aux lèvres. Le bruit de la jeep s’éloignant laisse à peine à Geoffrey le temps de se rassurer lorsque Isabelle déclare :

" Il va falloir vous expliquer M. Dupré, car je trouve votre sollicitude et présence ici, pour le moins opportune ! "

Zut ! Finis les Geoffrey pense-t-il...

" Euh... et bien... "

Geoffrey mal à l’aise se dandine, à la recherche mentale d'un échappatoire. Ce faisant, il détourne son regard, qui embrasse alors le salon, et distingue alors un mouvement furtif dans l’obscurité du jardinet du bungalow...

buzzzPosté le: 2002-06-27 03:15   
Geoffrey hésita un court instant :
"-Heu, en fait... je pratiquais mon loisir prefere.
- C'est à dire ?
-L'entomologie.
- ?
- Oui j'ai repere un Dorcus titanus palawanicus male
- Pardon ?
- Ca vaut une fortune sur le marché, 200 euros piece et je vous raconte pas si j'arrive à trouver un couple !!!
- Mais geoffroy qu'est-ce que vous me racontez ?
- Sisi je vous assure.
- Mais cet insecte n'est-il pas originaire d'Afrique centrale ?"

"Ah non !!" pensa Geoffroy, tenter le coup de l'expert en entomologie, se rappeler le nom de l'insecte qui avait servi de fond d'écran durant toutes ses années lycée, tout ça pour tomber sur une spécialiste du Dorcus titanus palawanicus !! Non c'etait trop dur. C'est la loi de Murphy, ca doit arriver. Dans un élan de désespoir il s'exclama tout à coup :

"- Il a du tomber d'un avion !"

Oups, non la je m'enterre, pensa Geoffroy, je ne vais pas tarder à etre cuit tout cru.

C'est alors que sans s'y attendre il entendit Isabelle prononcer ces mots :

"-Vous savez cher Geoffroy que le Dorcus titanus est un insecte qui se reproduit uniquement deux fois dans l'année, mais que par contre son accouplement dure une nuit entière. "

"Plait-il ?" s'ecria Geoffroy.


[ Ce message a été modifié par: buzzz le 2002-06-28 02:37 ]

LhetrePosté le: 2002-07-11 14:12   
"Je plaisante. Je ne connais rien en entomologie, en tout cas pas plus que vous. Votre dossier est très précis à ce sujet." Elle continuait à se masser la nuque, "Savez vous faire des massages ?"
Je n'y comprends plus rien moi, à quel jeu joue-t-elle ? Se demande-t-il.
"Vous ne voulez vraiment pas m'aider ?" insiste-t-elle en indiquant son cou qui demande qu'a être embrassé.

Panique à bord ! Geoffrey se laisse tomber dans un fauteuil et se replonge dans le monde de CentPourCent mais sans succès. Sur le pied d'Isabelle, maintenant assise en face à lui, se balance nonchalant son chausson. Oublié la fenêtre. Oublié la disquette. Il cherche avec désespoir de ne pas lever les yeux. Raté. Il cherche à s'arrêter au genoux. Rien à faire. Il cherche alors un défaut quelconque dans ses jambes parfaites, peut-être au microscope ? Il a la tête qui tourne, il s'aperçoit qu'il a oublié de respirer depuis un moment.
"Mr Dupré, savez-vous que votre tête se balance au même rythme que mon chausson ?" lui demande-t-elle doucement.
"Non, je ne savais pas." répond-il sans pouvoir l'arrêter.
La disquette ... Igor ... la fenêtre ... il saute debout brusquement "Vous êtes en danger !" il arrive à dire.
"Vous croyez que le Dorcus puisse m'attaquer ?" ses yeux s'écarquillent pour mieux le regarder comme dans le petit chaperon rouge.
"Non ! Il vont venir chercher la disquette et vous tuer !"
"Ils ? Vous semblez au courant. Asseyez vous ici et racontez moi tout." sa voix aurait liquéfié un bloc de béton précontraint. Sa main avait tapé sur la canapé à côté d'elle. Il croit voir au même endroit comme de la fumée qui se lève. Une odeur de soufre. L'enfer qui s'ouvre sous ses pieds, et la damnation éternelle à la clé. Il se jette sur elle pour l'embrasser.

Isabelle, aucunement surprise par le geste, soulève le genoux droit de quelques centimètres juste ou se trouve l'entre-jambes de Geoffrey, bloquant net son élan.
"Encore un troglodyte pour qui les préliminaires sont une perte de temps ? Et qu'est-ce qui vous fait croire que je suis disponible ?" dit-elle à la forme ratatiné qui gît au sol devant le canapé. Geoffrey émet un son raque. Puis, comme pour éclaircir son point de vue, il en émet un autre. Au moins l'angoisse a complètement disparu, se dit-il.

"Savez vous quel est mon rôle dans les affaires courantes ? Faire parler les mâles. J'ai une certaine expérience dans la branche. Et beaucoup de bouteille, comme on dit. Vous êtes tous pareil. On voit vos hormones bouillonner dans vos yeux. Vous êtes incapables de vous retenir. Quelle pitié. Je dois dire que vous êtes un sujet particulièrement sensible, ce qui ne vous excuse nullement. Maintenant, si vous vous êtes calmé, j'aimerais revenir sur la menace qui pèse sur ma personne."
A l'extérieur des sirènes retentissent, deux 4x4 passent à brève distance l'un de l'autre devant la maison, en illuminant le jardin au grand jour, pour disparaître derrière le virage. Puis on sonne à la porte. Un militaire au physique moyen demande à entrer.
"Bonsoir madame, on m'envoie pour vérifier l'identité de l'homme qui est arrivé chez vous ce soir. Nous avons eu une alerte de l'autre côté du camp, vous avez entendu les sirènes j'imagine, et au poste ils commencent à se posent des questions."
"Je ne crois pas vous connaître, soldat."

"Bien possible," dit Vigo en sortant son pistolet, "et maintenant pas de gestes brusques et retournez dans le salon tout doucement." Isabelle s'exécute, pour une fois Geoffrey en savait plus qu'elle. Il la suit en fermant la porte derrière lui.
"Donnez moi les disquettes, et pas de blagues, je n'ai pas de temps à perdre" Isabelle tente sa chance, ouvre un peu plus son peignoir et avance vers lui, "... et après vous nous laisserez tranquilles finir notre soirée ? ..." elle lui demande de sa voix la plus suave. Geoffrey se mets debout lentement en se tenant par l'appuie-bras du fauteuil. Il se demande comment elle fait pour changer d'attitude si rapidement.
Le pistolet de Vigo porte un silencieux au bout du canon, qu'il pointe au front d'Isabelle : "Les putes comme toi je les bute dès qu'elles s'approchent à moins d'un mètre, compris ? Les disquettes, et vite."
Tiens, elle ne lui fait pas d'effet, on ne doit pas être du même côté de la rivière, se dit Geoffrey. Il se décide.
"C'est bien vrai que c'est une pute, regardez ce qu'elle m'a fait !" il baisse son pantalon et son slip et indique l'endroit douloureux. Vigo reste interloqué pendant un dixième de seconde de trop. La main gauche d'Isabelle est déjà partie, elle pousse le pistolet vers le haut, puis prend le poignet à deux mains, fait une torsion sur elle même tout en le tenant, un coup étouffé retentit, le coussin Squädra (15,15€, déhoussable, mousse polyuréthane, plusieurs coloris) meurt sur le coup. Le pistolet tombe au sol. Vigo tente un crochet gauche qui passe à côté de la tête de la femme et mord le vide. Il est en déséquilibre sur son pied droit, Isabelle profite de l'ouverture et fait passer un splendide coup de genoux qui soulève le tueur d'un centimètre et vide ses poumons de toute l'air qu'ils contenaient. Isabelle l'achève en lui écrasant sur le crâne le cendrier Borgäfjallen (25,58€, simil-marbre décoré à la main, avec appuie-cigares, existe en deux tailles).
"Mais vous êtes une vrai brune !" s'écrie Geoffrey, en admirant tout ce que le peignoir enfin défait de la belle laisse entrevoir à la lumière du plafonnier Göteborg (45,35€, pour cuisine et salle de bain, existe aussi en noir et bleu marine).

"Mr Dupré, cachez votre misère et sachez je ne me suis jamais teintée les cheveux de ma vie, ils sont noirs depuis ma naissance et ..." et elle croise son regard, en déduit la direction par un savant calcul trigonométrique et referme son peignoir d'un geste brusque. "Pas de commentaires et tenez ce type à l'oeil pendant que j'appelle la police."
Geoffrey finit de remonter son froc. En se tenant d'une main à l'appuie-bras il tapote gentiment Vigo de l'autre, "Merci d'être venu, je croyais qu'elle en avait seulement après moi, ça me rassure de voir qu'elle traite tous les hommes de la même façon." Vigo ne répond pas, il doit être d'accord.
La sonnerie de la porte retentit à nouveau. La police était déjà là.

"N'ouvrez pas ! Avec la chance qu'on a, c'est soit un autre tueur soit un inspecteur du fisc." dit Geoffrey encore dans son rêve.
Isabelle regarde par le judas et ouvre, c'était un des deux gros bras de la police militaire.
"Bonsoir à nouveau madame, nous avons trouvé ce type qui se cachait peu loin de votre maison. Il dit connaître le gars qui courait tout à l'heure. On voulait vérifier avant de lui filer une bonne raclée comme il se doit. C'est le règlement. Vous l'avez déjà vu ?"
"C'est Igor, un bon ami à moi." intervient Geoffrey du fond de l'entrée.

"Vous tombez à pic, c'est à dire trop tôt ou trop tard, comme d'habitude. Laissez-le ici et prenez c'est autre ordure en uniforme : il a essayé de nous tuer juste après votre départ mais avant votre arrivée, n'est-ce-pas, alors que vous étiez occupés à maltraiter un pauvre diable dont l'unique faute est d'avoir des amis trop géniaux pour être intelligent." Elle m'enfonce à nouveau, un sacré sale caractère cette Isabelle, elle doit manger du pitbull enragé matin-midi-soir, se dit Geoffrey.

"Bon, moi ça me va", dit l'agent, "taper l'un ou l'autre quelle différence, du moment qu'on ne manque pas au règlement ..." il entre et soulève Vigo comme un sac de patates, "tentative de meurtre, hein ? Déguisé en police militaire en plus ? Très très vilain ça mon pote, tu vas voir ce que tu vas voir au poste," et il lui met une grande claque dans le dos, "en plus t'as du pot, le commandant est furax, sa femme vient de lui rayer sa berline neuve. Je sens qu'on va te faire dire tout ce que tu sais avant demain matin six heures. Tu sais, c'est zone militaire ici, on fait ce qu'on veut et on répond à personne, veinard va !" Il le balance à son coéquipier à travers la porte, puis il prend Igor, le balance dans l'entrée et se retourne "Vous viendrez faire votre déposition des que vous aurez fini avec ces deux gars ?" il ne peut pas s'empêcher de sourire en le disant. Isabelle sent le pitbull lui remonter à la gorge.

"Mais mon cher agent, il n'y a pas deux sans trois, vous savez ?" lui dit-elle en souriant et en s'avançant d'un pas félin. L'agent regarde et additionne Geoffrey à Igor puis se rajoute au résultat et le compte lui sembla bon. Il sourit encore plus. Geoffrey compte soi-même, Vigo et l'agent, et il fait la mine souffrante de qui vient de recevoir un coup. Isabelle est maintenant à la bonne distance, lance son très expérimenté genou et fait deux pas en arrière pour contempler le spectacle.
"Bonne nuit l'agent" elle pousse dehors les quatre-vingt-quinze kilos de l'agent par le bout des doigts et ferme la porte avant qu'il s'écroule.

le mérouPosté le: 2002-07-23 10:36   
« Qu’est ce que vous en pensez colonel, mmmh ?? Vous…vous n’avez pas l’impression que certaines choses commencent à … vous échapper ?»

Le ton sarcastique de cet homme vêtu de noir agaçait profondément le colonel. Impassible, un sourire narquois glissant sur son visage, cet homme d’à peine 35 ans, bien propre sur lui, continuait de tirer à grosse bouffées sur sa cigarette.

« Non mais de quel droit ce petit *****ux se permet-il de… » songea le colonel.

Les deux hommes se tenaient dans la lumière d’un néon hésitant, face à quelques écrans de contrôle. Ils venaient d’assister à la scène, dans son intégralité.

« Vous êtes conscient que mon département est en droit de reprendre les rênes de cette affaire, vu les ébats nocturnes peu discrets de vos protégés ??? »
« Oui. J’en suis bien conscient. Mais bon sang de bois, je vous l’avais bien dit !! Avec de tels énergumènes, on peut s’attendre à tout ! Vous auriez pris parti de laisser le Labo s’en occuper, comme il avait si bien commencé, on en serait pas l…. »
L’homme en noir l’interrompit brusquement en jetant son mégot à terre.
« Ca suffit ! Je ne suis pas venu pour entendre vos jérémiades ! Nous avions décidés cela d’un commun accord, vous saviez que le temps nous comptait ! Il FALLAIT que ça aille plus vite, et donc prendre les meilleurs, au risque d’avoir ce genre de petits soucis ! Maintenant , si vous n’êtes plus capable d’en assurer le bon déroulement, nous allons reprendre les choses en main… »

Il se dirigea vers le magnétoscope, sortit la cassette de la scène et dit en sortant de la pièce :
« Je vais leur montrer. Ils prendront une décision. » Et il claqua la porte.
« Bougre de petit salopiaud de tordu d’intello de ***** !!! » le colonel était furieux, et son pied gauche atterrissant violemment sur le coin de la table le remarqua aussi.
Le colonel finit par saisir le téléphone et composa hâtivement un numéro :
« Passez-moi Isabelle, Vite ! » lança-t-il à la standardiste.


Igor dévisageait Isabelle avec un air plus qu'insistant :
« Eh ben elle est plus coriace que je ne l’aurait cru, n’est ce pas Geoffrey ? Un tempérament de braise celle là, une panthère, une tigresse ! J’aime ce genre de nana…ça m’exci..» Il ne put terminer sa phrase, Isabelle le gratifiant d’un de ses célèbres coup de genoux.
Il en tomba à terre, les mains portées vers le bas ventre, mais esquissant un léger ricanement qui rendit Geoffrey perplexe…

« Vous avez des relations tout à fait sympathiques M. Dupré… »

« Je suis désolé, je ne comprends pas…je ne comprends plus … » tout en disant ces mots il vit un ordinateur portable, encore allumé, trôner sur la table de la salle de bain. Des lignes de codes défilaient, il pouvait les distinguer de là où il se trouvait.
« La solution est dans ces lignes… »pensa-t-il.

A cet instant, le téléphone retentit. Isabelle se dirigea vers le combiné et Geoffroy en profita pour se rapprocher de la salle de bain.
« La solution est dans ces lignes … mais pourquoi y-a-t-il du morse dedans, ça paraît tellement absurde d’utiliser cela aujourd’hui… il y a 50 ans, je veux bien…mais aujourd’hui… ?» Il se rapprochait,… en continuant à se parler à lui même,… il distinguait de nouvelles lignes de code, dépourvues de morse cette fois-çi, dépourvues aussi des langages utilisés et connus depuis qu’il faisait de l’informatique… quelque chose de nouveau qui le poussait au fur et à mesure qu’il se rapprochait à chercher dans sa poche pour en sortir ses lunettes et se laisser doucement hypnotiser par ces lignes qui défilaient sans cesse… « la solution est dans ces ligne » se disait-il…

Soudain, , un coup sourd retentit, la vitre de la salle de bain vola en éclats, et l’ordinateur explosa dans un volute de fumées et d’étincelles aveuglantes.
Geoffroy, maintenant à terre, regarda le PC fumer, le lecteur de disquette percé d’un trou pas plus gros qu’une bille.

« la solution ETAIT dans ces lignes… »


riwannPosté le: 2002-07-31 14:33   
Ce n’était pas dans les habitudes d’Ivanka de laisser un chasseur unique sur une proie. Sa grande expérience lui avait appris à toujours doubler la sécurité d’un contrat. C’est ce qui faisait sa très grande force. Son autre atout de taille était sa capacité à savoir s’entourer des meilleurs ; quitte à devoir supprimer ceux qui refusaient ses offres. Prendre le second lorsque le premier disparaît tragiquement revient à prendre le premier.

Elle n’avait pas été assez rapide pour recruter ce Dupré, mais au moins Evitch courrait pour elle. Igor Evitch devait tenter de persuader son ami de la rejoindre, sans quoi il ne serait plus. C’était sa mission de ce soir.

Mais rien ne se passait décidément comme prévu durant cette longue nuit étoilée. Murphy étant très généreux, elle en avait récolté également les effets. Qu’importe. Tout devait être prévu, elle se faisait fort de tout prévoir.

Natacha venait de la prévenir que Vigo s’était fait prendre bêtement et qu’elle était maintenant en position pour intervenir. Le fusil à lunettes à détecteurs de chaleur installé sur le toit d’un bungalow voisin, allongée sur le ventre, son émetteur à l’oreille, elle attendait ses instructions. Elle vit une forme se rapprocher du micro ordinateur en travail dans la salle de bain. Elle reçut l’ordre de détruire celui-ci.

«Et pour l’homme ?…» demanda t’elle.
«Pas ce soir, c’est trop tôt…» reçut-elle pour réponse à l’oreille.

Son travail accompli, elle enfila son arme sur le dos et descendit sans un bruit de son poste de surveillance. Avant que la première sirène se fit entendre, elle était hors de la zone de sécurité.

………………………………………

Geoffrey commençait à en avoir plus qu’assez de ces multiples dangers. Il ne cherchait pas une petite existence tranquille, mais ce qui lui arrivait depuis sa sortie marchandée de prison n’était pas du tout à son goût.

Ni Isabelle, ni Igor ni lui-même ne virent ce qui s’était passé. Le bruit d’une fenêtre brisée, un impact sourd puis un portable parti en fumée. Il faudra prévenir que les i-book ne résistent pas aux balles songea t’il pour se détendre… avec Isabelle il rejoignit Igor déjà à terre après la délicate caresse de la propriétaire des lieux… Isabelle rampa jusqu’à son téléphone et sonna la sécurité :

« On nous tire dessus !» s’écria t’elle.

Ils finirent tous les trois la nuit à l’infirmerie du camp.

La convocation dans le bureau du Directeur de la NSA le matin même ne surprit personne. Geoffrey se présenta devant le bureau d’une secrétaire qui appuya sur son interphone pour prévenir de son arrivée. Quelques minutes plus tard, l’armoire à glace qui gardait l’entrée lui ouvrit la porte. En pénétrant dans la pièce, Geoffrey sourit en constatant que les répliques du garde extérieur se trouvait aussi aux trois portes du bureau ovale. Les stores vénitiens occultaient partiellement une lumière qui donnait l’illusion de celle du jour. A aucun moment on aurait pu deviner qu’ils étaient sous terre.

Isabelle était assise à côté d’Igor sur ce qui semblait être la table de réunion. Un homme vêtu exclusivement de noir fumait cigarettes sur cigarettes à l’une des extrémités de la table. Sa calvitie totale et précoce contrastait avec l’uniformité sombre de ses vêtements. Le Directeur de la NSA était la quatrième personne assise.

Il demanda à Geoffrey de les rejoindre, et aux trois gardes du corps de quitter la pièce. De petits écrans plats étaient placés au centre de la table face à chaque fauteuil, mais c’est sur le grand écran mural que les images de vidéo surveillance furent projeter. Le Directeur conduisait la discussion, l’homme en noir ne faisait que pomper ses cigarettes.

« Vous n’avez pas chômé hier Monsieur Dupré, n’est-ce pas ? » Et sans attendre de réponse il poursuit :
« Avez-vous une idée de ce que contenaient les fichiers de cette disquette ? » Geoffrey secoua la tête pour signifier son ignorance.
« Nous avons perdu ces fichiers par la négligence de l’agent Malone, lançe t’il en fusillant la belle Isabelle du regard, et pour être franc avec vous, nous ne souhaitons pas arrêter dès aujourd’hui cette taupe de Sauron. C’est la tête de son patron que nous voulons, pas ce ridicule intermédiaire. »

Geoffrey ne comprenait pas ce qu’on attendait de lui. Les mots de son ami Igor lui revenaient en mémoire « tu ne roules pas pour la bonne écurie ». Le rôle tenu par Isabelle était lui aussi ambigu, sans compter que le Chauve avait un air inquiétant à la limite du malsain, et que cachaient les fichiers du micro de Sauron ? Durant un court instant il regretta le calme relatif de sa cellule.

« Ah oui, j’allais oublié, vous connaissez Monsieur Evitch je crois ? Il dirige la seconde équipe au sein de nos recherches en matière de sécurité informatique. Vous pourrez vous voir autant que vous voudrez dorénavant, car pour votre sécurité, nous allons vous loger à l’intérieur de la zone gouvernementale lui dit le Directeur pour le rassurer, et pour la suite, agissez comme si rien n’était arrivé… »

« Comme si rien n’était arrivé », facile à dire pensa Geoffrey au moment de remonter vers l’étage de son poste de travail. Igor s’arrêta au niveau souterrain –4 toujours muré dans un silence étrange et il resta seul avec Isabelle pour poursuivre l’ascension. Il appuya pour rejoindre le niveau souterrain –1, elle descendrait au –2… l’ascenseur fit une nouvelle halte, les portes s’ouvrir, Isabelle avança pour sortir puis recula et lui pris le bras :

« Il faut que je vous parle Geoffrey, c’est capital, j’ai besoin de vous… personnellement. ». Avant que Geoffrey n’ait pu prononcer la moindre parole, les portes de l’ascenseur s’étaient refermées…

C’est en arborant un sourire béat qu’il passa devant le poste de garde du niveau souterrain –1, il salua les vigils avec un signe de la tête ce qui fit dire à l’un deux que les informaticiens n’avaient vraiment pas toute leur cervelle.

« Elle a besoin de moi, sourit-il, elle m’a appelé Geoffrey… » il n’avait pris aucune substance et pourtant il se sentait planer…

LNPosté le: 2002-08-14 14:19   
Plusieurs jours passèrent sans que Geoffrey n’ait de nouvelles d’Isabelle. Il était de plus en plus perplexe, que lui voulait-elle ? L’autre jour il fallait qu’elle lui parle de quelque chose de capital et d’un coup plus de nouvelles ? Elle n’était même pas chez elle… ce qu’il pouvait désormais facilement vérifier ayant déménagé à deux maisons de là.

Geoffrey s’inquiétait. En attendant il avait pris soin de cacher sa disquette sur lui-même, attaché à son autre jambe, le seul endroit où on ne pouvait fouiller sans qu’il s’en rende compte. Tout le monde semblait l’avoir oubliée celle-là…
Il avait menti à Igor en disant qu’Isabelle avait réussi à lui prendre sa disquette avant qu’il ait pu en faire une copie et que cette dernière avait volée en éclat avec le portable dans la salle de bain.

Il essayait quotidiennement de la déchiffrer sur son portable le soir, donnant l’impression de travailler tard. Chaque fois, il effaçait toute trace de son travail, faisait en sorte que son écran ne soit pas visible d’une quelconque caméra, on ne savait jamais et ne manipulait la disquette qu’avec d’extrêmes précautions pour les même raisons. Tout lui semblait étrange et il devenait un peu paranoïaque. Le travail était rude car devant travailler discrètement, il n’avait pu se procurer de livre sur le morse dans ce coin paumé ou il était désormais et il était obligé de faire tout de mémoire.
Pour l’instant ce qu’il en avait tiré était que cela parlait de chromosome Y, de génome humain. C’était une étude sur les hommes, il avait réussi à déchiffrer les mots « guerre » « défense » « catastrophe », le reste était un fouillis de mots scientifiques auxquels il ne comprenait rien.


Ce soir là, fatigué, il venait de finir d’effacer toute trace de son travail et rangé la disquette discrètement (faisant toujours attention à d’éventuelles caméra) lorsque retentit la sonnette de l’entrée.

Un instant interdit car personne ne venait jamais le voir, surtout à une heure si tardive, Geoffrey se décida à aller s’enquérir de son visiteur pour découvrir Isabelle par le judas de sa porte. Heureux de la revoir saine et sauve, il lui ouvrit d’emblée la porte.

« Bonsoir Mr Dupré, suivez moi »

Désormais, habitué aux manières directes d’Isabelle, Geoffrey se retrouve une fois encore à la suivre sans discuter. Tout juste eut-il le temps de fermer sa porte et de dire

« Ou étiez-vous passé ? »

« Plus tard » fut la seule réponse qu’il obtint.

Résigné à la suivre et à attendre plus d’informations, il pénètre après quelques minutes dans le sous-sol n°6. Isabelle le précéde dans une pièce sans fenêtre meublée d’une table et de quelques chaises. Elle ferme la porte et tape un code sur un boîtier à gauche de celle-ci.

« Elle veut procéder à un interrogatoire ? » se demande Geoffrey perplexe.

Isabelle s’assit sur une des chaises autour de la table et lui fait signe de faire de même.

« Mr. Dupré, cette pièce est insonorisée et je viens de mettre en route un système de brouillage afin que toute notre conversation reste strictement confidentielle ».

Geoffrey la regarde, sa curiosité piquée au vif, cela devenait intéressant.

« Vous avez du vous demander pourquoi je n’étais plus là pour vos rapports quotidiens »

« J’étais inquiet »

Seul un geste de la main lui répond.

« J’ai été voir nos supérieurs, ils semblent vous faire confiance malgré votre passif de hacker. L’observation dont vous avez été l’objet ces derniers mois a été positive »

« Je… »

« Ne m’interrompez pas, s’il vous plait, nous avons peu de temps devant nous. J’ai réussi à avoir cette salle ce soir mais cela doit rester secret et entre nous, personne ne sait que nous sommes là. »

De plus en plus intrigué, Geoffrey attend la suite.

« Vous avez donc la confiance de nos supérieurs. Je sais que vous avez également toujours votre disquette, avez-vous pu la déchiffrer ? »

« Pas totalement, c’est un charabia scientifique dans son ensemble » Geoffrey n’en dit pas plus, le mystère pour lui reste entier malgré ces quelques jours de réflexion. Où se trouve le « bon » camp, du côté d’Isabelle ou d’Igor ?

« Très bien, je vais vous expliquer ce qu’il en est »

Geoffrey la regarde étonné, on va enfin lui dire ce qu’il en est après tous ces mois dans le brouillard ? Il regarde Isabelle qui lui renvoie un regard des plus sérieux.

« Les Etats-Unis ont un des groupes de scientifiques travaillant sur divers projets dont beaucoup sont tenus secrets. Le professeur Dingalo, un éminent scientifique dont vous avez certainement entendu parler il y a plusieurs mois car il est mort assassiné, travaillait sur le séquençage du génome humain. Dans ses études, il avait trouvé une arme chimique capable de tuer tous les être humains porteur du chromosome Y, par conséquent tous les hommes. Ses études étaient dangereuses car l’effet de cette arme ne peut être limitée à un certain groupe d’homme. Si elle est utilisée ce sont tous les hommes de la planète qui disparaîtront. Vous imaginez si cette découverte tombe entre de mauvaises mains ».

A ce stade Isabelle fait une pause et Geoffrey la regarde effaré, tous les hommes de la planète anéantis ? Dans quoi s’était-il encore fourré ? Trop stupéfait pour dire quoi que ce soit, il laisse Isabelle continuer.

« Le Pr. Dingalo a été tué par des hommes provenant d’un pays soviétique ayant eu vent, on ne sait comment, de ses études et voulant se les approprier. Par chance leur tentative a échouée car nos règles de sécurité sont strictes et tous les travaux du professeur sont gardés précieusement dans des endroits inviolables. Nous pensions par conséquent être en sécurité mais nous avons découvert il y a quelques mois, que certaines parties de ses recherches avaient refait surface. Après une enquête assez difficile il s’est avéré que le professeur gardait chez lui certaines de ses recherche en cours. De fait elles étaient mal protégées, jusqu’ici nous avons récupéré une bonne partie de ses travaux mais il nous en manque encore. Trop peu pour être immédiatement utilisables mais suffisamment pour qu’un chercheur commence des études à partir de ces données et puisse aboutir aux mêmes résultats que le Pr. Dingalo. Votre disquette en est une infime partie. »

A ce stade Geoffrey ne peut s’empêcher de demander

« Pourquoi ne détruisez-vous pas tout ces travaux ? Cela éviterait de nouvelles « gaffes » »

« Nous ne pouvons pas, ces études sur le génome humain peuvent être d’une importance capitale pour l’humanité malgré leur côté obscur. Laissez moi continuer s’il vous plait ».

Geoffrey se tait attendant la suite avec impatience.

« Les dossiers du Pr. Dingalo tout en étant mal protégés le sont suffisamment pour nécessiter l’intervention de personnes telles que vous, spécialisées en informatique. »

« Belle phrase pour dire Hackers » pense Geoffrey.

« C’est là qu’intervient Igor, à l’époque il nous a semblé assez intègre et surtout très doué dans son domaine pour nous aider »

« Normal, c’est le meilleur » intervient Geoffrey.

Imperturbable Isabelle continue,

« Pendant quelques temps, il a pu récupérer un certaine nombre de fichiers mais depuis quelques mois, nous avons découvert qu’il y avait des fuites, certains dossiers sont entre les mains de nos adversaires, rien de très important dans les études du Pr. Dingalo mais plus ils en auront et plus un scientifique pourra aboutir à de recherches sérieuses. A partir de ce moment là, nos supérieurs ont décidés de le faire surveiller ».

Geoffrey ouvrir la bouche pour défendre Igor et la referma de suite en repensant à certaines des paroles de ce derniers qu’il avait eu le temps de se remémorer pendant ces derniers jours de réflexion : « Geoffrey, tu est dans la panade… tu ne roules pas pour la bonne écurie… mais toi et moi et les « quelques autres » ont peut donner à un camp une arme décisive. »

Du coup, il se tait et écoute la suite de l’histoire qu’Isabelle lui narre, elle est d’ailleurs en train de lui dire :

« C’est là que vous entrez en scène. Vous connaissez bien Igor, vous êtes également un très bon hacker, un informaticien capable de déjouer les plus performants systèmes de sécurité. Nous vous avons donc prié de travailler pour nous pour de plus ou moins fausses raisons et nous vous avons testé »

« J’avais remarqué » marmonne Geoffrey.

« Nous ne pouvons pas prendre le risque qu’un autre pays fasse reprenne ces recherches, les fasse aboutir et s’en serve comme d’une arme, le monde entier serait alors en péril. Il nous faut découvrir qui est la vraie taupe, savoir ce qu’elle a pu récupérer exactement comme dossier. Il en reste peu à récupérer mais il nous les faut. Vous allez désormais travailler avec Igor et le surveiller discrètement. »

Isabelle le regarde bien en face et lâche :

« En êtes-vous capable comme le pensent nos supérieurs ou allez vous tout raconter à votre « ami » ? ».

Geoffrey la regarde à son tour et prend le temps de réfléchir un minimum. Cela fait longtemps qu’il n’a pas vu Igor, plusieurs années. A l’époque, ils étaient très bons amis mais Igor était un vrai Hacker, un vrai voyou. Il aimait enfreindre la loi, fumer un joint de temps en temps mais surtout voler de l’argent grâce à ses talents de hacker. Geoffrey s’était laissé entraîner dans cette aventure. Non pas que lui-même n’aimait pas déjouer les systèmes de sécurité, cela était passionnant mais lui suffisait pour être content. L’argent n’avait jamais été son réel objectif.
Il se rappelle également les parole d’Igor de l’autre soir « une arme décisive ». Durant ces derniers jours il avait réfléchi à tous ça, et il ne lui semblait pas impossible qu’Igor se soit de nouveau laissé entraîner du côté des magouilles et de l’argent. De l’argent surtout, pour certains renseignements, on pouvait payer cher.

Geoffrey prend alors le temps de regarder Isabelle, son regard est franc, elle le laisse réfléchir. Elle lui a toujours parue honnête, un peu brusque certes mais semblant consciente de ses devoirs.

D’un coup sa décision fut prise. Pourquoi lui faisait-on confiance à lui, un ancien détenu ? Cela le laissé perplexe mais il savait en lui-même que jamais plus il n’enfreindrait la loi ni ne trahirait.
Il se pencha doucement et récupéra la disquette fixée sous son pantalon au niveau de sa jambe et la tendit à Isabelle.

« Très bien, je vous fait confiance » dit-il en la regardant droit dans les yeux à la recherche du moindre signe de triomphe. Mais les yeux d’Isabelle restèrent sérieux.

« Merci Geoffrey. Nos supérieurs avaient raison en ce qui vous concerne, j’avais personnellement encore quelques doutes après cette fameuse nuit avec votre « ami » Igor ».

Geoffrey fit la grimace, il était dur de plaire à Isabelle…

« Qui vous dit qu’Igor est seul ? Il y a déjà Sauron, il pourrait y en avoir d’autres. »

« C’est exact, Sauron est surveillé de près, il ne pourra plus avoir accès à des documents importants. Quand à Igor, ce sera à vous de le surveiller et de chercher un éventuel complice. Ne vous inquiétez pas, je reste là pour vous aider et j’attend vos rapports quotidiens. Vous viendrez chez moi les faire. Ma maison a été vérifiée, elle est sûre. Vous me ferez des rapports écrits.
Il est entendu que ce qui a été dit ce soir restera entre nous ».

Geoffrey asquièce.

« Très bien, il est donc temps de partir ».

Isabelle se lève, retape un code sur l’emplacement prévu à cet effet près de la porte et sort.
Geoffrey la suit sans mot dire trop occupé à réfléchir à tout ce qui vient de s’être dit. Il se retrouve quelques minutes plus tard, dans son lit, les yeux grand ouvert, à ressasser toute cette histoire.

« Un rapport tous les soirs chez Isabelle … hum… »


tazandrinePosté le: 2002-09-21 11:29   
... D'ailleurs, elle est là, très langoureusement assise sur le canapé en cuir noir, l'air rêveur.

Elégante, sans sophistication, la veste du tailleur qu'elle porte s'entrouve sur un décolleté provocant. Il observe attentivement ce qu'il a simplement remarqué les autres fois : des cheveux longs, épais et naturels, des yeux en amande qui attirent comme un aimant, intelligents et manipulateurs, un visage maquillé d'une main sûre et experte, un corps svelte et harmonieux... Il aime la personnalité contrastée d'Isabelle.

"une liane et une lionne..." pense t-il.

Il frissonne dans l'obscurité et a l'impression que ses cheveux, tous sans exception, se dressent sur la tête. Il la désire avec une vigueur dont il s'étonne lui-même, éprouvant une envie insatiable du grain de sa peau et du parfum de son corps.

Elle se lève, se déplace silencieusement et s'arrête à quelques pas de lui, assez prêt pour le toucher mais n'en fait rien.

D'un geste alangui, elle le regarde droit dans les yeux tout en déboutonnant son chemisier. Elle se glisse sous la couette, s'enroule contre ses jambes, puis s'éloigne lui échappant de justesse. Elle le fait attendre, les lèvres à quelques centimètres de sa bouche et l'oblige à venir chercher les baisers.

Il avance la mains pour découvrir le visage d'Isabelle voilé par les cheveux, ne peut s'empêcher d'en caresser le soyeux... Elle se met à ronronner de plaisir et lui mordille le bout des doigts...

...Une douleur lancinante à la main le réveille en sursaut...

"Oh noooon..."

A ses côtés s'étirant sur le lit, un chat le regarde de ses yeux verts moqueurs, malicieux, de nouveau prêt à jouer de ses petites dents pointues.

"Décidément, cette fille me poursuit jusque dans mes rêves mais elle reste insaisissable... Pour le moment.."

DeauvillePosté le: 2002-09-25 07:29   
Geoffrey se lève, prend une soucoupe dans le buffet, ouvre le frigo et y verse une rasade de lait, puis pose la soucoupe sur le rebord de la fenêtre à guillotine. Le chat saute sur la margelle, et renifle la soucoupe ; y donne deux coups de langue, puis saute dehors avec un air dédaigneux et s’éloigne en balançant sa queue de droite à gauche, en forme de point d’interrogation.
« Espèce de bourgeois », murmure Geoffrey, « gavé à tous les râteliers, tu ferais moins le fier si tu crevais la dalle ! ».
Puis il se tourne vers la pendule, et remarque qu’elle indique 4H48… Trop tôt pour se lever, trop tard pour se recoucher. Il passe alors vers la salle de bain.
Il en ressort habillé, en jean et tee shirt propre.
Il s’apprête alors à se réchauffer un café quand soudain, le téléphone retentit…C’est Isabelle. La voix est saccadée, angoissée !
-« Ils ne vont pas tarder à débouler chez vous, planquez-vous, ça canarde sec par ici… »
-« Qu’est-ce qui se passe ? »
Une détonation claque dans le combiné.
-« Ah !!! », Puis le bruit d’un corps qui tombe…
« Une porte qui claque, des bruits de pas, des trucs qu’on renverse, ils fouillent partout » ;pense Geoffrey.
-« Raccroche donc ce combiné ! » , C’est une voix d’homme, se dit Geoffrey.
-« Beep…beep…beep… » : Geoffrey raccroche à son tour, paniqué.
Ses neurones s’agitent à toute allure, il a à tout casser dix minutes devant lui pour se tirer d’ici ou élaborer un plan…Il se rue dehors. Le vieux Land Rover orange de Chris MAYRUWE se trouve à cinquante mètres. Chris ne le sort que quand il va à sa « résidence secondaire » comme il se plait à le dire. Orange était sa couleur originelle mais au fil des ans, on peut se demander si la rouille n’y est pas étrangère, presque la couleur d’un vieux cognac « hors d’âge » mais l’antique véhicule ne se bonifiait pas pour autant en vieillissant, pense Geoffrey en courant.
Les clés sont sur le contact, Geoffrey tourne la clé…Rien… pas un voyant qui ne s’allume. Puis il se souvient que Chris MAYRUWE n’a pas pu repartir hier soir faute de batterie, car il était rentré la nuit précédente de son « jardin secret » et avait oublié d’éteindre les codes. Les clés à pipes sur le siège passager et le capot déverrouillé le lui confirment ; il le soulève : la batterie est absente et doit être en charge quelque part. La trouver, la remonter, et en admettant que ça démarre, les « autres » seront déjà sur lui et l’auront tiré comme un lapin à découvert !
Geoffrey panique. Il se cache sous la bâche du pick-up pour cogiter. Ses yeux s’habituent à la pénombre, et il voit alors pleins d’objets hétéroclites, (comme de bien entendu dans la bagnole de ce bricoleur qui monte un rang de parpaings entre deux parties de pêche). Il trouve là du gros fil à pêche digne d’un poisson d’au moins cent kilos, un seau, des clous, un marteau, des briques, des sacs de plâtre et de ciment, des bas de lignes montées d’hameçons, des bottes, un canif, des pots de peinture, du fil électrique, des tournevis, des pinces etc.…
Ne pouvant fuir, il se voit contraint d’attaquer, et un plan commence à germer dans son esprit logique.
Il revient vers sa chambre avec le gros fil à pêche qu’il attache à l’anse du seau. En montant sur la margelle de la fenêtre, il plante un bon clou dans une solive puis y passe le fil et redescend. Il soulève la fenêtre à guillotine et lance à l’intérieur le reste du fil. Il met une brique dans le seau ;se ravise ; en met une seconde. Une fois rentré, il tire le fil jusqu’à monter le seau lesté sous les tuiles, où il devient invisible, pince le fil sous la fenêtre à guillotine et attache une allumette au bout pour maintenir le seau en suspend trois mètres plus haut.
-« Après l’épée de Damoclès, le seau de Geoffrey » ; pense t’il.
Il prend un bout de fil électrique d’environ deux mètres qu’il dénude aux deux extrémités et en introduit l’une dans la phase de la prise de courant la plus proche, puis il ferme la porte, éteint la lumière et attend, accroupi près de la porte, le fil dans la main gauche, le marteau dans la main droite.
Deux, puis trois minutes, (mais qui lui paraissent interminables) s’écoulent avant qu’un bruit ne lui parvienne.
La poignée commence à s’incliner, le penne rentrant silencieusement. Geoffrey pose la seconde extrémité du fil électrique sur la poignée. Un juron étouffé, un bruit sourd sur le sol de la véranda qui craque.
Alors il voit une longue lame luisante qui glisse sous la fenêtre afin de libérer le loquet à l’intérieur. Puis il voit disparaître l’allumette sous la fenêtre, entend le bruit du seau lesté de ses briques s’amortir sur un crâne et la chute d’un second corps sur le bois.
Il sort comme un diable de sa boite, et tombe nez à nez avec un type qui se relève en se frottant la main droite encore endolorie par la décharge électrique qu’il vient de recevoir. Le mec essaye de plonger maladroitement la main gauche vers le poignard situé le long du mollet droit. En une fraction de seconde, Geoffrey voit la Mort en face et blêmi. Il lance alors le marteau vers un endroit du type dont l’anatomie n’a déjà plus de secret pour le genou d’Isabelle. L’homme attrape le manche avec un sourire narquois, qui s’efface progressivement quand la masse d’acier s’enfonce dans ses chairs ; car de la main gauche, il n’a pu qu’amortir difficilement l’impact. Il lâche le marteau puis s’écroule à son tour près de son complice qui dort déjà avec le seau en guise d’oreiller.
« Ils ont tous les deux leur compte ! » se dit Geoffrey, puis il part au pas de course secourir Isabelle.
Quand il arrive là bas, il la trouve étendue près du téléphone, là où elle est tombée…Il cherche les traces de sang, la plaie occasionnée par la balle, mais ne trouve rien quand soudain il voit la cartouche hypodermique au sol. Rassuré, il écoute sa respiration calme, elle dort profondément. Il souri, soulagé, en observant l’endroit comme dévasté par un ouragan.
Il la soulève délicatement dans ses bras et la dépose sur le canapé qu’il a redressé du pied, et la recouvre du peignoir de soie blanche qu’il avait repéré au porte manteau de la salle de bain, le jour ou le lecteur de disquette du portable avait explosé sous ses yeux.
-« Le ménage laisse à désirer, ici » : se dit Geoffrey en observant les coussins gisant épars sur le sol et ayant libéré leur neige de plumes sur les papiers.
Il passe alors dans la cuisine et se met à préparer un café très fort (selon la légendaire recette du « café de cow-boy » qui consiste à mettre de l’eau à bouillir, y jeter un fer à cheval, puis ajouter du café jusqu’à ce que le fer remonte à la surface) afin de réveiller sa « Belle au Bois Dormant ».

TianPosté le: 2002-10-06 22:20   
Une fois le café prêt, Geoffrey revient vers Isabelle. Il s'assoit à côté d'elle sans la quitter des yeux. Il ne peut s'empêcher de penser à leur relation, si tant est que l'on puisse employer ce mot au sujet de ce qu'il y a entre eux.

Mais il ne peut nier l'effet qu'elle lui fait. Et là il se demande ce dont il s'agit... Une simple attirance physique? Un amour naissant? Il ne le sait pas. Enfin, il doit le savoir au fond de lui, mais ne veut pas se l'avouer.

"Pourquoi est-ce si compliqué les relations homme-femme?" se surprend-il à prononcer à haute voix. Puis poursuivant dans sa tête: "Si seulement ce pouvait être aussi simple que l'informatique! Vivent le binaire et le déterministe!"

Geoffrey n'avait jamais été doué pour le relationnel. Il est capable de decrypter à peu près n'importe quel code secret, mais se trouve impuissant pour comprendre les non-dits et les subtilités de la communication. Surtout lorsqu'il s'agit de personnes du sexe opposé. Et même quand il croit y arriver, il s'avère systématiquement par la suite qu'il s'est trompé. Par conséquent, il ne peut s'imaginer entreprendre une réelle relation avec une femme. Et Isabelle ne faillit pas à cette règle. Il ne voit pas ce que cela pourrait donner, comment gérer au quotidien une vie à deux.

Et puis il ne sait rien de ce qu'elle pense réellement.

"Toujours à me poser des questions stupides! Impossible de le deviner! Il faudrait qu'elle me le dise réellement au lieu de distiller des indices incompréhensibles. Mais bon... Mieux vaut me taire comme d'habitude et continuer à rêver d'elle."

Et pourtant...

Et pourtant, il ne peut s'empêcher de la regarder étendue sur le canapé. Elle bouge légèrement, indiquant qu'elle ne va pas tarder à se reveiller. Que va-t-il lui dire quand elle se reveillera? Il se sent pris d'une irresistible envie de tout lui dire. Lui faire une déclaration? Ca il ne le sait pas.

Isabelle ouvre doucement les yeux. Geoffrey commence à prendre son souffle, ainsi que son courage...

Mais il n'en a pas le temps. Elle se redresse alors brutalement, le coupant dans son élan.

"Que s'est il passé? On m'a attaqué! Et que fais tu là? Ils pourraient revenir à tout instant! Il ne faut pas rester ici! Allez vite, enfuyons nous, allons ailleurs!"

"Ailleurs?" se demanda Geoffrey "Où donc? Et tant pis pour mes aveux alors. On verra ça une autre fois"

De toutes façons, il ne peut faire autrement que la suivre. Etourdi par la surprise de son réveil brutal, l'esprit encore occupé par ses précédentes pensées, il tient plus de l'automate que de l'être humain. Un pas après l'autre, il suit Isabelle.

PierrePosté le: 2002-10-13 22:59   
Le portable de Natacha sonna.

<< Ils ont raté. On reporte tout. Tu les suis mais sans les toucher ni te faire repérer. >>

Ivanka venait de recevoir des ordres clairs. L'homme en noir commençait à en avoir marre d'être secondé par des incapables.

<< Oui, monsieur, j'ai envoyé Natacha, aucun risque de les perdre.
- Je vous le souhaite. Igor a fait assez de bourdes pour qu'on en rajoute, et la perte de deux de nos espions va être assez difficile comme ça à compenser. Avez-vous fait suivre Natacha ?
- Non, nous manquons de personnes, depuis que Vigo s'est fait prendre.
- Je le ferais sortir alors, mais nous n'avons plus le temps pour les erreurs. >>





Plusieurs jours s'étaient déjà écoulés depuis que Geoffrey avait accepté de travailler pour Isabelle et de surveiller Igor. Il apparaissait clairement que Sauron avait été mis au courant qu'il avait été repéré. Geoffrey suspectait qu'Igor n'y soit pour quelque chose, mais tout restait encore trouble dans son esprit. Il ne lui avait strictement rien dit de ce qu'il avait appris au sujet du génôme humain, comme promis à Isabelle. Il avait cependant remarqué une certaine sympathie qu'Igor avait pour deux ou trois personnes travaillant avec eux. Après intrusion dans la machine de l'un d'entre eux durant la nuit, grâce à l'aide d'Isabelle et de ses relations, il s'était avéré qu'il avait lui aussi des textes en morse traitant du génôme humain... L'homme s'était aussitôt vu retiré son accès aux dossiers confidentiels, comme Sauron. C'était à partir de ce moment qu'Igor avait commencé à être plus distant avec Geoffrey et tentait de moins laisser paraître ses "affinités"... Isabelle était fière de la progression de son travail, et les rapports le soir étaient les moments les plus attendus de sa journée. Ahhhhh, Isabelle...

Soudain tout en courant il fut stoppé net par un choc à l'épaule.

<< Eh bien alors Mr Dupré on ne sait plus courir ? >>

Il était tellement absorbé par ses pensées sur Isabelle qu'il n'avait pu esquiver le poteau... Il rougit de honte et continua de la suivre, mais elle ne courrait plus.

<< Ainsi "on" nous en veut à ce point. Il va donc encore nous falloir déménager. Rendez-vous à votre travail, faites comme si rien ne s'était passé. Je vais m'arranger pour que nous soyons dans le même appartement cette fois, et surtout que personne ne connaisse son emplacement. >>

Geoffrey frémit à cette idée, mais elle était déjà partie.





<< Ils se séparent. Qu'est ce que je fais ??
- Suis-le lui. Elle, est surveillée de haut.
- Je m'en débarasse ?
- Non. Il peut encore servir Igor. >>





Igor était comme les jours précédents. Comme il ne savait jouer la comédie que par écran interposé, Geoffrey se dit donc que son ami ignorait sûrement ce qu'il venait de se passer, et cela le rassura. Igor lui demanda tout de même pourquoi il était en sueur. Goeffrey répondit qu'il s'était réveillé "à la bourre", mais n'eût le temps d'en dire plus : le téléphone de son bureau sonna, il était convoqué dans le bureau du Directeur de la NSA.

Geoffrey se présenta à nouveau devant le bureau de la secrétaire qui appuya comme l'autre fois sur son interphone. L’armoire à glace lui ouvrit à nouveau la porte. Geoffrey revit les répliques du garde extérieur aux trois portes du bureau ovale, puis s'étonna de la présence du colonel.

<< Bonjour, Mr Dupré. >> lui dit-il.

Il y avait dans la pièce le Directeur, le colonel, Isabelle, et le même homme chauve toujours en train de fumer.

<< Isabelle vient de nous mettre au courant pour ce qui s'est passé. >>

Silence.

<< Et ???? >> Pense-t-il.

<< Ces hommes devaient récupérer vos données, d'après leur attitude, mais ils avaient aussi de quoi transporter des corps, vivants ou morts. >>

Nouveau silence.

<< J'étais si bien en prison. >> pensa-t-il en voyant le chauve se rallumer une cigarette...

<< Dorénavant vous aurez un appartement avec Mlle Malone, toujours dans la zone de sécurité. Cet appartement ne sera pas surveillé de l'intérieur, mais les contrôles seront intensifiés de telle sorte que quiconque n'appartenant pas à la sécurité ne pourra approcher. >>

<< Wawwwww !! Finalement c'est pas mal ici aussi !! >>

<< Aujourd'hui vous prétexterez une migraine pour vous y installer. Personne ne sera au courant. >>

<< Nous sommes déjà 5 dans la pièce il me semble pourtant... >> pensa Geoffrey.



Geoffrey et Isabelle quittèrent ensemble les hauts gradés (ou HG comme ils étaient appelés) pour regagner leur nouveau logement. Ils passèrent devant la secrétaire qui finissait sa dernière part de tartiflette, enpruntèrent l'ascenseur puis sortirent du bâtiment... Lorsqu'il estima qu'ils n'étaient plus filmés, c'est à dire lorsqu'ils furent arrivés, Geoffrey osa demander à Isabelle qui était le mystérieux homme en noir.

<< Étrange bonhomme, hein ? >>

Elle semblait amusée par cette question.

<< Il est responsable du Département qui avait pris en charge toute cette affaire de contre-espionnage au départ. Mais elle lui a été retirée parce qu'ils n'allaient pas assez vite : c'est ainsi que nous avons commencé à faire appel à d'autres personnes plus compétentes comme vous... et Igor...
Igor a été recruté par cet homme, comme beaucoup d'autres car il a continué tout de même à jouer un rôle essentiel. Vous avez été choisi par le colonel. Le colonel s'est vu confier cette affaire lorsque le temps commençait à trop nous presser, il a d'abord choisi son équipe d'expert mais elle s'est avérée elle aussi trop lente par rapport au... "camp adverse" bien que plus loyale apparement... C'est ainsi que nous avons pris le risque d'engager des hackers.
- Mais que fait cet homme exactement ?
- Il organise la sécurité et coordone la seconde équipe, celle d'Igor. L'interrogatoire est terminé ? >>

La question n'en était pas une, et Geoffrey sentit qu'il valait mieux garder là ses questions et sa curiosité...



...

kheldarPosté le: 2002-10-21 23:17   
Isabelle poussa la porte de leur nouvel appartement et ils pénétrèrent à l'intérieur. C'était un logement fonctionnel, lumineux mais assez impersonnel.

" Votre chambre est celle en haut de l'escalier à gauche.
" Nous pourrons aménager cette après-midi, toutes nos affaires seront bientôt livrées" dit elle tout en lui faisant visiter l'appartement.

Ce dernier paraissait tout à fait normal, si ce n'était les gardes que l'ont voyaient déambuler au loin sur le seul chemin d'accès.
Geoffrey se sentit bien pour la première fois depuis quelques jours, il appréciait cette visite et ce nouvel endroit…
" MONSIEUR DUPRE !!"
Aïe il rêvait tout haut…

" JE VOUS DISAIS DONC qu'il ne faudra pas oublier votre badge pour pénétrer dans l'enceinte. Aujourd'hui tous les contrôles ne sont pas encore installés mais à partir de ce soir, toute personne qui se dirigera vers l'appartement sera contrôlé. Est-ce bien clair ???

- Hummmm" répondit Geoffrey. Il n'appréciait guère ce brusque retour dans la sordide réalité qui leur imposait cette proximité.

Confirmant qu'elle était bien capable de lire dans ses pensées Isabelle enchaîna:
" Et surtout n'oubliez pas que nous ne sommes pas là pour une partie de plaisir. L'adversaire a durci le ton et il faut se préparer à d'autres tentatives, même si les nouvelles mesures devraient les décourager de s'attaquer directement à nos petites personnes". Ils arrivèrent à la salle de bain, située au premier étage entre la chambre de Geoffrey et celle d'Isabelle.

Celle ci le regarda sévèrement et dit:
" Je vous dit tout de suite que je ne supporte pas les hommes qui ne rincent pas le lavabo après leur rasage ou qui ne nettoient pas la baignoire après utilisation; alors essayez de modérer vos penchants de célibataire endurci envers le laisser aller."
Geoffrey était partagé entre l'émoi du au sentiment d'intimité que faisait naître ces remarques anodines et l'exaspération à l'idée de devoir se surveiller et de ne pas pouvoir vivre comme il l'entendait.
L'exaspération l'emporta:

"De toute façon je ne me douche qu'une fois tous les deux mois…"

Isabelle eut un sourire:"

" Allons je ne voulais pas vous vexer" elle posa la main sur son bras,
" je suis sûr que notre cohabitation se passera très bien… mais maintenant je dois vous quitter, vos affaires arrivent, vous avez tout l'après-midi pour vous installer et il y a tout ce qu'il faut dans la cuisine pour manger… à ce soir".
Elle s'éloigna d'un pas rapide.

Geoffrey s'assit sur le confortable canapé en cuir Bartley and Bartley (modèle Spring, Buffle pleine épaisseur (1,3/1,5 mm) Possibilité de 50 coloris dans 6 finitions de buffle Mousse polyuréthanne Bultex® bi-densité Sur-mesure gratuit) et dit aux militaires apparemment peu satisfaits de devoir jouer les déménageurs:

"Veuillez déposer toutes mes affaires dans la première chambre à gauche en haut de l'escalier, et faites attention c'est fragile…". Ils le regardèrent d'un air mauvais tout en faisant ce qu'il avait dit.

Il s'installa confortablement dans le canapé, laissant ses pensées dériver:

Les attaques, Igor, L'homme en noir, tous ces personnages dansaient devant ses yeux, tourbillonnaient sans qu'il puisse trouver des liens, des pistes. Il continuait cependant à les voir, et son esprit logique ne lui étant plus d'un grand secours, son subconscient s'en donnait à cœur joie, mélangeant les situations, les personnages. Il voyait Igor lui crier "Qu'est ce que c'est que cette baignoire dégueulasse !", il voyait l'homme en noir qui disait à Isabelle "méfiez vous de lui, il n'est pas très stable", et ce n'est que quand il entendit sa mère (accompagnée d'Emilie) lui dire "Mon chéri tu ne pourras jamais te marier si tu n'apprends pas à faire la cuisine convenablement" qu'il su qu'il était en train de rêver tout haut.

"Toutes vos affaires sont installées…Euhhh… M.dupré…..toutes vos affaires sont installées"
Il ouvrit les yeux:
"Euh oui merci !"
Les militaires s'en allèrent.

Geoffrey monta dans sa chambre. Tout sentiment de bien-être l'avait à présent quitté et il avait l'impression d'étouffer dans l'atmosphère vide et pleine de menace de son nouveau logement.
"Allons "se dit-il, "Je suis ici en sécurité habitant avec la femme la plus désirable que j'ai rencontré, pourquoi est-ce que je me sens si mal ?"

Il s'allongea doucement sur son lit MATELSOM Equinoxe
(Matelas en 336 ressorts biconiques avec un fil d'acier de 23/10 ème pour un soutien ferme. Double face de couchage en ouate anallergiqe traité sanitized, anti-acariens, couleur écru) , et respira un grand coup.

"Vivement qu'Isabelle revienne"
"Je dois arrêter de ramper devant elle, les femmes comme elles détestent ça, il faut que je sois sarcastique, que je lui réponde, que je ne cède en rien" il s'imaginait déjà en conquérant, homme mystérieux et provocateur et il voyait une lueur d'intérêt poindre dans les beaux yeux verts d'Isabelle"…

"Toujours en train de flemmarder à ce que je vois…"
Geoffrey se réveilla brutalement:
"Mais je..quoi…que …quelle heure….pourqu…"

"Je suis revenu pour vous amener votre portable, je ne voulais pas le confier à la sécurité"
"Aha…oui…bonne idée et…quelle heure…"
"Il est deux heures dix, et l'heure de ce mettre au travail, le temps est de plus en plus l'élément déterminant dans cette histoire alors arrêter de faire l'enfant."

Elle lui tendit son portable.
"Ne m'attendez pas pour manger ce soir je rentrerais très tard."
Elle partit.
Geoffrey gémit…

kirinPosté le: 2002-10-31 17:28   
Le mieux est de s’y mettre, au moins je ne verrai pas la journée passer se dit Geoffrey.

Le temps de descendre à la cuisine, d’attraper des barres de céréales ainsi qu’une cannette de Coca et son portable avait fini de booter à son retour.

Il croqua machinalement dans la première barre de céréale pour réaliser que c’était sa préférée ! Une Milka au lait avec du riz soufflé : une délicate attention d’Isabelle ?

« Mais comment diable peut-elle savoir cela ? » se surprit-il à prononcer à haute voix.

...

Il se secoua et regarda sa montre : 14h45… hum… 3 emballages de barres chocolatées sur le bureau, l’écran du portable en veille… et toujours rien de fait… Bon sang, il faut que j’arrête de rêvasser à Isabelle !

Il se connecta grâce au login qu’Isabelle avait laissé à son attention : pouah, AOL et en RTC !

« Mais justement rien ne vaut l’anonymat d’un si gros FAI ! »

avait-elle rétorquée tout en ajoutant qu’il serait sage de ne pas trop traîner en ligne pour autant.


Geoffrey y resta le minimum : le temps de récupérer une table morse, cet utilitaire de conversion morse inespéré ainsi qu’un peu de documentation illicite à propos de dernières clés et outils de désencryptage.

Avec cet utilitaire tout ira plus vite pensa-t-il dans un premier temps. Il isola la partie qui lui semblait correspondre à du morse, et après avoir appliqué un de ses outils persos de désencryptage pour en récupérer le morse il lança l’utilitaire de traduction. Quelques millisecondes plus tard, les GHz de son portable buttaient sur une partie du document manifestement encryptée différemment ou ne correspondant pas à du morse...

« Hum… je ne suis pas rendu à ce rythme ! Zut ! Mais je n’ai pas le choix et ce sera toujours mieux qu’entièrement à la main.»

Quelques milliers de copier/coller et quelques astuces de décodage plus tard (ou devrions-nous dire quelques barres chocolatées plus tard ?) Geoffrey disposait de plusieurs pages de texte.

En les relisant de nouveau attentivement il se rendit compte que cela ressemblait à un mémoire de thèse ou un rapport scientifique bien dense. Ce qui manquait et ce sur quoi l’utilitaire morse tout comme lui-même bloquaient semblait être un langage de description moléculaire … en tous cas, au vu des zones de texte entourant ces passages. Tout ceci restait cependant particulièrement obscur à Geoffrey car la génétique n’était pour le moins pas son fort… il était question de séquençage, d’enzymes mutagènes, de simulations …

Il se retrouva, porté par ses réflexions, dans la salle de bain en train d’assouvir un besoin ô combien naturel, lorsqu’il réalisa soudain ce qui l’avait tant intrigué dans ce texte ! Entre autres bizarreries, il y était par deux fois mentionné « le calculateur de Churchill » comme ayant apparemment permis, grâce à sa puissance de calcul, à certaines simulations d’aboutir dans un délai raisonnable.

Absorbé dans cette pensée il se retrouva nez à nez avec Isabelle à la sortie de la salle de bain :

« Geoffrey … mais que… »

A la direction de son regard interrogateur et surpris Geoffrey réalisa l’inconfort de sa posture et de son ridicule : il n’avait pas pris le temps de finir de se rhabiller avant de sortir de la salle de bain !

« hum… prenez le temps de vous rhabiller, voire même éventuellement de tirer votre chasse d’eau et retrouvez moi ensuite : vous m’expliquerez alors ce qui vous fait jaillir de la salle de bain de manière si… disons… prématurée… » ajouta Isabelle avec une pointe caustique mais manifestement amusée dans la voix.

Trois minutes plus tard, Geoffrey avait eu le temps de se rhabiller, de se maudire par 10 fois, de tirer sa chasse d’eau et même de se laver les mains tout en maugréant :

« Je ne suis pas prêt de la séduire à ce rythme là ! Zut ! »


Isabelle était penchée sur son portable quand il entra et elle vit sa grimace :

« Je n’ai touché à rien et je n’ai pas farfouillé dans votre machine. Je sais combien les spécialistes comme vous ont cela en horreur : je me suis contenté de lire ce que vous avez traduis et qui était à l’écran.»

« De toutes manières je pourrais le vérifier » … avant que Geoffrey n’eut pu finir de le penser Isabelle ajouta :

« Et puis avec ce superbe utilitaire résidant vous pourrez vous en assurer plus tard ». Ses yeux brillaient de malice quand elle vit que Geoffrey en resta interloqué :

« Mais… il n’est même pas dans la barre des tâches ? Elle l’a donc trouvé et reconnu dans la liste des résidents en mémoire ! Et en si peu de temps ? Bon sang, elle cache bien ses compétences ! »

Isabelle quitta son sourire amusé et son regard devient plus perçant et bien plus sérieux lorsqu’elle coupa court une nouvelle fois aux réflexions de Geoffrey :

« Alors, Geoffrey, dites moi tout : qu’avez-vous découvert lors de votre excursion par la salle de bain ? »

« Et bien… laissez moi vérifier encore quelque chose ». Joignant le geste à la parole, Geoffrey lança la connexion à AOL et accéda à Google.

« Churchill puissance calcul » … zut ! Rien ! hum…

« Churchill supercalculateur » … là ! Les archives de ce site mentionnaient que la société Cray affichait fièrement 9 mois auparavant avoir livré un supercalculateur à la succursale principale de l’union des banques soviétiques, basée à New-York et bizarrement dénommée la « Churchill Associated Banks ».

« Voilà ! » s’écria Geoffrey ! Comme Isabelle semblait ne pas le suivre il s’empressa d’ajouter :

« Ce type de calculateur n’est pas utile aux banques qui utilisent d’autres systèmes… je… euh… disons que je le sais.»

« Je me doute bien que vous connaissez très en détails les systèmes informatiques bancaires » répliqua Isabelle en levant les yeux au plafond…« Bon mais là n’est pas le sujet ajouta-t-elle : si ce supercalculateur a servi aux travaux du professeur Dingalo il contient peut-être encore des traces voire des informations relatives : c’est une de nos meilleures pistes depuis longtemps ! Bravo Geoffrey !»

Engaillardi par ces félicitations ce dernier se surprit à proposer :

« Je pourrais peut-être… »

« Non, n’en faites rien : l’ennemi est très compétent et il vous serait certainement impossible de vous introduire avec certitude sans vous faire repérer ou du moins sans laisser de traces ».

le coupa Isabelle tout en pensant :

« Le pire c’est que peut-être y arriverait-il, quel danger que ce jeune homme : si seulement nous pouvions le gagner à notre cause avec certitude ! Il a de grandes qualités malgré les apparences ! Bon sang mais je divague … ? » réalisa-t-elle.

« Je vais rendre compte au Colonel et nous aviserons. Entre nous je ne serai pas surpris qu’il y ait de l’action avant longtemps et que vous soyez de la partie !»

« Que… »

« Le meilleur moyen d’accéder à ce supercalculateur sans avoir à passer les sécurités informatiques et sans laisser de trace informatique étant d’y accéder depuis l’intérieur de la banque… » ajouta-t-elle avec un sourire. « Et la vérité c’est qu’il faudra être vraiment sur de supprimer toute trace des ces recherches s’il s’en trouve là bas et pour cela être sur place » Mais elle ne fit que penser cette dernière réflexion et la garda habilement pour elle.

« Mais… »

« Evidemment vous aurez à vous entraîner un petit peu, physiquement notamment, afin d’intégrer l’équipe mais cela vous fera le plus grand bien somme toute. Et vous verrez que l’équipe au complet est charmante : Escozi, Dubar et … Rolof… »

« Quoi ! Moi avec ces fous furieux ? » pensa Geoffrey.

Avant qu’il ait eu le temps de rétorquer Isabelle était sortie en lançant qu’elle serait de retour un peu plus tôt qu’initialement prévu, et avec une pizza en sus des directives du Colonel.

le mérouPosté le: 2002-11-09 20:32   
" non mais alors là j'en reviens pas...
Fonder une équipe de bras cassés pour une mission aussi casse gueuele... que dis je...suicidaire oui!!"

" Je m'appelle pas Bruce Willis ni Sean Connery!!" cria-t-il dans sa direction.
Il avait envie de lui courrir après, histoire de la calmer tout de suite dans son délire de petit soldat.

Soudain, la trouille l'envahit. Un sentiment de panique irrespressible, une peur diffuse qui s'engoufrait dans tout son être, comme si on lui injectait une multitude de source de stress en même temps. Partir...

Les risques ne lui faisaient pas peur...dans la mesure où ils étaient identifiables sur un écran, et donc gérable avec quelques clics de souris...mais là...se transformer en G.I., en paramilitaire-espion, se faufiler dans un bâtiment inconnu, avec des zèbres envers qui il n'a aucune confiance, ou presque, non merci!! C'en était trop pour lui...

Geoffrey se rua sur son sac à dos qu'il extirpa de l'armoire pour le jetter sur le lit.
il fallait aller vite.
" A mon avis, étant donné ce qu'elle m'a dit en partant, je n'ai plus beaucoup de temps devant moi si je veux me sortir de ce mauvais cauchemard..."

Il ne savait pas où partir, mais qu'importe. Un tas d'affaires grossissait autour du sac, les vêtements volaient d'un bout à l'autre de la pièce, ...quelques barres chocolatées, son portable, deux ou trois gadgets qu'il jugeait utile de prendre en cavale..il se surprenait presque à prendre plaisir dans ce coup de tête totalement déraisonnable...

Il enfila une veste, tout en tassant du pied toutes ses affaires dans le sac, il tremblait.

" Bon sang, mon gars c'est pas le moment de tout lâcher, tiens le coup!"

Il était prêt. Sac au dos, jettant un rapide coup d'oeil dans la pièce pour vérifier qu'il n'avait rien oubli...la disquette!!!
Elle trainait, comme pour le narguer, bien en vue sur le bureau, à côté de son disque de sauvegarde qu'il mis aussi dans sa poche.

"oublier son assurance-vie, c'est pas très malin..."

Et il referma la porte...a clé. Histoire de gagner d'hypothétiques secondes...



Dans l'hélicoptère, le colonel hurlait dans son casque pour faire comprendre au chef de la section Alpha qu'il devait stoper ses vacances aux bahamas afin de rappliquer illico presto à la base, en vue d'une mission de la première importance:

" J'ai besoin de vous, MAINTENANT sergeant Barnes! C'est bien compris? Il faut que vous secondiez une équipe de novice pour une mission top secret, et personne d'autre que vous ne serait capable de les former, dans le laps de temps qui nous est impartit!"

" C'est à dire Colonel? De quels délais parlons nous exactement?? Et puis c'est quoi votre problème pour que vous me preniez la tete alors que je trinque une Daikiri peinard avec deux créature de rêve??? Contactez le FBI! "

Le colonel vira au rouge.

"Ecoutez moi bien sergeant. Vous allez jeter votre verre et lacher vos deux créatures, ou l'inverse si vous préferez, MAIS VOUS ALLEZ MONTER DANS L'HELICO qui s'approche de votre petite plage paradisiaque de ***** sans poser de question, c'est bien compris??????"

Le colonel jeta son casque dans le cokpit, en insultant ce coupable insolent en vacance, la mission, les créatures de reve et finalement le pilote qui le regardait interloqué:

" QUOI ???? Contentez vous de piloter et d'arriver aussi vite que possible, incapable!!"

Son téléphone sonna.

" QUOI ENCORE ???" Hurla-t-il.
- Colonel, c'est Isabelle. On a un pépin.
- Je vous écoute...
- C'est Geoffrey. Il est partit.




Cela faisait 1 heure qu'il courrait, après avoir franchit les différentes portes, déjoué la rotation des caméras, évité les gardes..il finissait par se dire qu'il aurait pu la faire cette satanée mission!
Mais cela était trop fort. Même le souvenir d'Isabelle, la perspective de ne plus la revoir, probablement...A mesure qu'il avancait, son esprit torturé prenait le dessus: croyant échapper à sa peur, il ne faisait que se rapporcher d'elle.

Il luttait contre ses sentiments qui ne faisaient que grandir dans un gigantesque paradoxe, où la culpabilité et l'orgeuil se mélangeaient inéxorablement...il finit par en pleurer dans sa course folle puis, épuisé, découragé, perdu, il s'écroula après avoir trébuché sur plusieurs branches.

La nuit était sombre, sans lune, mais les étoiles étaient magnifiques. Il resta comme cela, inerte, allongé sur son sac à dos les bras en croix, à regarder cette voute celleste qui semblait être la seule entité capable de le calmer dans sa folie passagère... Même le bruit sourd et mécanique qui se rapprochait de lui ne pu le sortir de sa torpeur contemplative. Car il était bien, il n'avait pas été aussi bien depuis des semaines, des mois même...

Il s'endormit.


riwannPosté le: 2002-11-17 14:46   
L’éblouissement d’une lune, d’un phare, ou d’une torche, tout était trouble dans sa tête et il ne parvenait à le distinguer. Tout était coton. C’était définitivement la ouate qu’il préférait. La sensation de bien être, le souvenir de se sentir bien, profondément bien, une certaine forme de béatitude. Dans cet état second, il crût saisir les branchages d’un arbuste, il s’enroula autour, se recroquevilla dans une position fœtale confortable et réconfortante, serrant ces branchages contre lui avec un sourire satisfaisait. Ce sourire finit par s’estomper au fur et à mesure qu’il ressentit une légère irritation désagréable… il prit ce contact incommodant pour un frottement de ronces, il se mit à pester et à grogner avant d’ouvrir finalement les yeux pour apercevoir une immense armoire à glace à la peau couleur d’ébène, au crâne lisse comme une boule de bowling et au bouc hirsute façon épines. Il tenait fermement contre lui la tête de ce géant habillé d’un pantalon et d’une chemise blancs… l’uniforme de l’infirmier typique.

L’air perdu et égaré de Geoffrey se lisait aisément sur son visage. Le rouge lui était aussi monté aux joues lorsqu’il s’aperçut qu’il tenait fortement la tête de Edwin contre son cou. Constatant l’inconfort de la situation, il écarta vivement les bras en marmonnant un vague cousin d’un pardon inaudible.

« Bonjour monsieur Dupré, et merci de m’avoir relâché prononça le malabar en se massant la nuque…

« Bonjour Geoffrey , comment vous sentez-vous aujourd’hui ? Vous semblez avoir fait un délicieux rêve en tout cas… ces mots venaient d’être prononcés par une femme d’une quarantaine d’années à l’allure stricte et sévère, mais au visage amical et au sourire rassurant.

« Je… c’est à dire que je… enfin, se grattant la tête avec la main, je crois que ça va… et en inspectant la pièce dans laquelle il se trouvait, il ajouta, mais au diable où suis-je ? Qu’est ce que je fais dans ce… lit d’hôpital ?

« Un membre de notre personnel vous a trouvé par hasard dans le bois jouxtant notre clinique, au milieu de nulle part, vous étiez endormi sur votre sac à dos en pleine nuit. Et votre transport jusqu’à notre établissement ne vous a nullement réveillé… tout au plus avez vous prononcé des bribes de phrases incompréhensibles

« Ah ? repris Geoffrey, et déliré comment ? prononça t’il d’un air inquiet.

« Rien de bien clair, des mots étaient répétés plusieurs fois, comme le prénom d’Isabelle, une histoire de disquette et de manipulation génétique. Je reconnais que vous avez une imagination débordante, sourit Ingrid Parker.

« Oui, il paraît que je me laisse souvent aller à raconter n’importe quoi dans la vie de tous les jours, alors dans mes rêves ce doit être une belle salade mixte.

« Vous savez Monsieur Dupré, comment voulez-vous que nous prenions au sérieux les délires d’un homme inconscient ? »

Le rictus qui suivit cette dernière remarque ne rassura pas un instant Geoffrey. Elle quitta la pièce suivie de son malabar barbu.

Geoffrey quitta sa blouse de patient d’hôpital, fit une minutieuse toilette, enfila les vêtements disposés sur le portant de sa chambre, constata avec étonnement que les tailles étaient toutes parfaitement les siennes et s’assit dans le large fauteuil installé devant un modeste poste de télévision. Il tenta de faire le point dans sa tête, en cherchant à comprendre ce qui lui était arrivé. Il se leva une heure plus tard et se dirigea vers la fenêtre opaque pour l’ouvrir ou tout au plus l’entrebailler. Mais les poignées étaient absentes. D’abord surpris, il se rappela que c’était chose courante dans les hôpitaux pour éviter les tentatives de suicide. Il se dirigea alors vers la porte, en saisit la poignée qui resta figée. L’énervement et la panique le gagnèrent, il était prisonnier !

Il tambourina à la porte jusqu’à obtenir une réponse. Plusieurs minutes s’écoulèrent avant qu’elle ne se décida enfin à s’entrouvrir, laissant apparaître la silhouette monumentale de Edwin. Il était encore plus grand qu’il ne l’avait constaté plus tôt dans la matinée, devant même se courber pour passer la porte.

« Voulez vous me suivre Monsieur Dupré s’il vous plait… » la voix était profondément calme, grave et chaleureuse, mais toute autre réponse que l’affirmative semblait impossible, et en tout cas plutôt déconseillée. Geoffrey ne discuta pas, ne rassembla pas ses affaires puisque son sac à dos ne lui avait pas été rendu, et suivit, l’air soucieux, l’infirmier. Un infirmier qui n’avait d’ailleurs peut être d’infirmier que le nom. Les évènements qui se succédaient depuis sa sortie de prison le poussaient à une paranoïa déjà presque naturelle chez lui. Ils empruntèrent un long couloir à l’éclairage violent, une personne qui se serait trouvée devant eux, Edwin marchant devant Geoffrey, n’aurait pu apercevoir qu’Edwin, celui-ci masquant totalement la carrure de Geoffrey. Au bout du couloir, Edwin introduisit sa carte magnétique dans l’emplacement de la commande d’ascenseur prévue à cet effet et enfonça le bouton L0. Arrivés à destination, Edwin enficha une autre clé magnétique dans une fente située sous les boutons de niveau d’étage ; une porte s’ouvrit alors à l’opposé de celle qu’ils avaient franchie pour monter dans la cage d’ascenseur. Ils avancèrent dans un sas sombre, Edwin s’immobilisa, une lumière blanche aveuglante emplie la petite pièce suivie rapidement d’une lumière rouge. Une nouvelle porte coulissa, Geoffrey emboîta le pas de son « geôlier ». Ils pénétrèrent dans un nouveau long couloir à l’éclairage bleu cette fois. Edwin ouvrit une porte et engagea Geoffrey à entrer dans la pièce.

Geoffrey s’exécuta sans un mot. Il découvrit alors une large pièce au bout de laquelle trônait un bureau au design moderne. Une magnifique femme à la chevelure rousse coupée au carré se tenait assise derrière ce bureau. Devant elle il y avait quatre sièges dont un seul était libre. Geoffrey sourit à Isabelle sans parvenir pour autant à cacher sa surprise.

« Bonjour Monsieur Dupré, je vous en prie asseyez-vous, prononça la femme rousse en montrant de la main le siège vaquant. Tandis que Geoffrey s’avançait et remarquait la présence de son ancien camarade Igor Evtich sur l’un des sièges et celle de Sauron sur le dernier, la femme à la chevelure rousse poursuivit. Je me présente, mon nom est Ivanka Youvé, et je suis la directrice d’un service spécial de la sécurité nationale appelé Surveillance. Je crois que vous connaissez déjà mes collaborateurs ici présents, non ?

Geoffrey était groggy et s’il avait été debout, il en aurait probablement perdu son équilibre. Il ne comprenait pas tout ce que tentait de lui expliquer cette Ivanka qui reluquait « son » Isabelle d’une manière qu’il jugea un peu trop insistante.

« … vous ne courrez pas pour la bonne équipe Monsieur Dupré… vos employeurs actuels sont des assassins qui se font passer pour ce qu’ils ne sont pas. Il ne s’agit nullement du gouvernement, et d’ailleurs, vous êtes officiellement évadé de prison depuis plusieurs mois maintenant. Ces hommes qui se prétendent de la NSA, du Fbi ou de la CIA selon que cela les arrangent ne font absolument pas parti d’un organisme gouvernemental… il s’agit plutôt d’un conglomérat de puissances financières privées qui oeuvrent pour leur propre compte.

Alors que Ivanka poursuivait son discours incroyable, Geoffrey assemblait certains éléments auxquels il n’avait jusqu’alors jamais porté attention… les bureaux, les uniformes, les lieux, les personnes et le matériel, rien ne disait vraiment qu’ils appartenaient effectivement à ce qu’ils se prétendaient être… le discours d’Ivanka paraissait si juste, si vrai, et tout collait si bien avec ce qu’il venait de vivre depuis sa sortie de prison… il n’avait rien vu, alors que tout s’emboîtait parfaitement maintenant. Mais il en perdait tout repère, il ne savait plus que croire ni qui croire. Isabelle aperçu le désarroi de Geoffrey et lui posa une main amie sur le genou. Main qu’elle retira aussitôt en croisant le regard tueur d’Ivanka.

« Les agents Malone, Sauron et Evitch font partie de notre équipe. Ils sont ce qu’on appelle des agents doubles, et nous savons déjà que Sauron a été trop négligent et finit par se faire repérer, en partie à cause de vous d’ailleurs. C’est Isabelle Malone qui a appuyé votre dossier en nous assurant de votre soutien dès lors que vous auriez été mis au courant de toute l’histoire. Nous attendons donc de vous que vous rejoigniez notre service en tant qu’agent double. Sans changer vos habitudes actuelles mais en nous rapportant tout ce qui doit l’être dans les meilleurs délais, Mlle Malone pourra vous expliquer nos procédures dès lors que nous aurons eu votre accord. En contre partie, nous procèderons à une véritable amnistie vous concernant, mais sachez qu’il s’agit d’un métier très dangereux, et que vos employeurs actuels sont loin d’être des enfants de cœur… »

Ivanka poursuivit son propos mais Geoffrey était déjà ailleurs…

JulienPosté le: 2002-11-25 19:18   
... XK ... ces deux lettres martelaient sa tête déjà si lourde... tout était flou, du bruit, de la nausée, la disquette ... Tous ces événements s'étaient enchaînés presque abracadabrantesquement...
"-... ma proposition vous semble-t-elle honnête, Geoffrey? insista Ivanka.
- Votre proposition, oui. Vous, par contre, je ne saurais dire, se plut-il à rétorquer Geoffrey".
Il avait le cynisme des âmes damnées, celles qui n'ont plus rien à perdre et peuvent tout risquer.
"- Ne prenez pas la peine de me raccompagner, je retrouverai mon chemin! ajouta-t-il avec la classe du matador qui porte l'estocade."
Et sur ce, il sortit, avant même qu'Edwin n'ait eu le temps de décroiser ses bras hypertrophiquement musclés. Il avait été engagé car son cerveau présentait l'étonnante faculté de pouvoir shunter les zones cognitives responsables de ce qu'il est convenu d'appeler la réflexion, de sorte qu'il était capable de prendre des décisions de manière incroyablement rapide. La contrepartie de cette faculté était, bien entendu, que ces décisions étaient impulsives et nullement mûries ; mais cela correspondait parfaitement au profil de son poste. Cependant, étourdi par l'incongruité de la scène -ou par le généreux décolleté qu'il dominait du haut de son mètre quatre-vingt dix-sept -, il ne bougea pas. Vite conscient de sa faute, il hasarda :
"-Dois-je le...
- Il reviendra, coupa Isabelle !"

L'intuition féminine avait parlé.

"Je sais qu'il reviendra.", ajouta-t-elle, comme pour influencer la Fortune.





*****





Geoffrey n'avait eu aucun mal à sortir de l'hôpital -ce qui, en d'autres circonstances, lui aurait paru grossièrement suspect - : il marchait, sans but, essayant de faire le point sur la situation. A qui faire confiance? Qui croire? Ses bas instincts et sa raison l'incitaient à croire qu'Isabelle était du bon côté, mais il ne comprenait pas son rôle dans cette affaire. Une main ferme saisit son épaule, qui l'arracha à ses méditations :
-" Bonjour Jeoffrey, dit une voix monocorde".
Il se retourna et vit un homme de sa taille, le visage maigre, et l'oeil impassible.
"-J'ai le plaisir de vous connaître!? s'enquit l'interpelé.
- Non, mais je serais flatté du contraire.
- Et vous me voulez quoi? reprit Geoffrey, passablement irrité.
- J'ai coutume de dire que les ennemis de mes ennemis sont mes amis. Je voudrais donc vous inviter à manger, si vous le voulez bien."

L'énervement avait fait place à la curiosité.

-" Mais vous êtes qui?
- Au cours de ma vie, j'ai appris à paraîte. Pour vous je serai Albin Crichenat, diplomate français."

La curiosité avait fait place à la fascination.

"- Allons, suivez-moi", invita le diplomate.




*****




Le trajet avait été bref et muet. Albin Crichenat ouvrit la porte de ce qui devait être sa résidence - une sompteuse demeure aux jardins impeccablement taillés - , et l'émerveillement, à mesure qu'il entrait, envahissait l'ex-prisonnier. Un grand vestibule. Sur la gauche, deux pégases d'argent trônaient sur un guéridon sans âge. Les étoffes les plus fines pendaient aux murs et, alors qu'il pénétrait dans la salle de réception, il ne put s'empêcher de remarquer que la table était déjà dressée. Une vaisselle somptueuse, des verres du cristal le plus pur : tout ici transpirait le luxe et l'abondance.

"-Prenez place, Geoffrey", pria l'hôte, alors qu'on apportait déjà le vin et les mets.
Geoffrey était abasourdi. Il ne tenait plus.
" - Mais qui êtes-vous à la fin? attaqua-t-il.
- Ma démarche doit vous paraître quelque peu singulière, veuillez m'en excuser. Je suis la tour qui doit vous permettre d'aller à dame. "
Ces mots avaient sonné comme une victoire. L'informaticien était médusé.
"- Et pourquoi devrais-je vous croire vous, plus qu'Ivanka Youvé, et plus encore que ce colonel de mes deux? Hein !? On se fout de ma gueule depuis le début, et je commence à en avoir...
- Allons, allons, mon cher Geoffrey. Je vais tout vous expliquer. Enfin, je vais vous en expliquer juste assez pour que vous ne couriez pas trop de risques. Comme vous le savez maintenant, la délicieuse - il avait prononcé ce mot avec une tendancieuse malice - Isabelle Malone est un agent double. Elle a la confiance du Colonel qui lui, après avoir voué sa carrière à la patrie américaine, a jugé qu'il serait plus salutaire de vouer le reste de sa vie à la patrie Suisse, de sorte que si les exactions qu'il avait fait commettre de son vivant le conduisaient en Enfer, il aurait déjà la satisfaction d'avoir connu le Paradis fiscal. Ivanka Youvé est une valeur sûre, et c'est pourquoi elle s'est vue confier la direction du projet Surveillance.
- Et c'est quoi, ce truc?
- C'est un iceberg. 10% de sa masse est visible : cela représente les activités liées à la Défense Nationale, espionnage et contre-espionnage, fichage, et caetera. Les 90% restant sont la partie immergée : elle est indissociable de la première, et en est le socle.
- Et en quoi ça consiste? s'impatienta Geoffrey.
- Disons que le projet central est de construire une nouvelle génération d'ordinateurs, qui supportera une nouvelle architecture logicielle, totalement révolutionnaire."
Geoffrey eut un flash. Comme l'inspiration qui frappe alors qu'on ne l'attend pas, comme une révélation qui frappe alors qu'on ne l'attend plus. C'était dans le morse, sur la disquette, comme un leitmotiv.
- " XK !!! Qu'est-ce que ça veut dire !? s'enthousiasma-t-il.
- Vous êtes perspicace, mon ami. XK... il rit. Ces deux lettres ont été choisies parce qu'elles sont porteuses. Interrogez-vous à l'occasion sur le nombre de produits que vous avez acheté et qui contiennent ces lettres. Enfin, pour en revenir à notre affaire, XK signifie eXtensible Kernel, "noyau extensible" : c'est précisément le nom du système qui est développé par Surveillance. Et vous l'imaginez, c'est là que vous intervenez. Le Colonel, ou plutôt devrais-je dire ses employeurs, ont eu connaissance de ce projet, et cherchent par tous les moyens à mettre la main sur le code d'XK. Et c'est tout naturellement qu'ils ont fait appel à vos services. Nous espérions dans un premier temps vous faire passer pour mort, afin de pouvoir vous récupérer, mais le plan a échoué. La mort du Professeur Nikolaï Evitch, il y a de ça plusieurs années, avait failli ruiner le projet. Heureusement, il a survécu et est aujourd'hui inscrit dans une dynamique vraiment encourageante, même si la mort du Professeur Dingalo vient aussi compliquer les choses.
- Mais, je comp/, enfin euh, je veux dire euh... Quel est le rapport avec...
- Je vous avais dit que je ne vous expliquerais que ce qu'il fallait pour que vous ne courussiez aucun risque, lança-t-il d'un ton pédant et emprunté. Considérez que vous en savez assez. Pour le moment.
- Mais... insista Jeoffrey, dont l'excitation culminait à son paroxysme.
- Il suffit. Je suis une tour, certes, mais je ne suis pas invulnérable. Si je fais le moindre faux pas, nous tombons tous les deux, et la partie est perdue. Mais il est déjà tard, et vous devez être las."

D'un geste presque amical, le diplomate reconduisit son hôte.
"- Un dernier mot, mon cher, vous savez ce que veut dire bios, n'est-ce pas?"
Geoffrey prit cette question comme une insulte : lui, le hacker, on lui demandait ce que voulait dire BIOS. Il réussit malgré tout, dans un effort démesuré, à avancer une réponse neutre :
-" Ca veut dire Basic Input Output System. Il s'agit d'un programme...
- Allons, allons, je sais tout cela. Mais vous comprendrez vous-même que vous n'en êtes qu'au début. Bios est un mot grec qui signifie "vie". Au revoir mon cher."

Geoffrey resta coi tandis que la porte se refermait derrière lui.

LNPosté le: 2002-12-03 09:18   
Geoffrey prend le temps de réfléchir ou aller et finalement opte pour l’appartement qu’il partage avec Isabelle, il se sent le besoin de lui parler.

Une fois arrivé là bas, dépité il trouve l’appartement vide mais son estomac se rappelle à son bon souvenir et il se dirige vers la cuisine pour se restaurer et part s’asseoir dans le canapé du salon.

La tête vide il mange machinalement un reste de pizza réchauffée laissant venir les idées et peu à peu les choses se mettent en place. On le considère comme un pantin et ce depuis le début ! C’est une certitude. On le ballade à gauche, à droite sans jamais vraiment lui expliquer
ce qu’il en est…

« C’est une chose de sortir de prison et de travailler pour le gouvernement mais si c’est pour qu’on me prenne pour un imbécile, autant retourner en prison pour en sortir ensuite et pouvoir reprendre une vie tranquille et normale car là c’est l’enfer ! Même la prison était mieux, pour tout dire…. »

Comme toujours, depuis son emprisonnement, dans des situations embrouillées, Geoffrey se met à réfléchir posément. Il prend le temps d’une grande inspiration et expiration et commence à mettre les choses au clair :

1°) Tout part des recherches du Pr. Dingalo sur le génome humain. Ces recherches demandent apparemment l’utilisation d’un super calculateur pour pouvoir avancer plus vite. J’ai retrouvé la trace de celui-ci sous le couvert de l’union des banques Soviétiques.
Les américains cherchent à récupérer les dernières notes de ces recherche afin d’éviter toute utilisation qui pourrait être catastrophique pour l’humanité.

2°) Les américains ne veulent pas détruire ces notes car elles peuvent aider considérablement la science malgré leur potentiel destructeur.

3°) Une nation (américains ou soviétiques ? ) met en place un système « eXtensible Kernel », cela semble lié aux recherches du Pr. Dingalo, certainement pour accélérer le décodage du génome humain.

4°) Deux nations travaillent à récupérer ces recherches mais qui est qui ?

5°) Tout le monde est agent double ! L’agent Malone, I. Evitch, J. Sauron. Le colonel ? Qui est Albin Crichenat où quelque soit son nom et pour qui travaille-t-il ? Et la rousse I. Youvé ?

Geoffrey boit une gorgée de sa bière, quel imbroglio… Et que fait-il, lui, au milieu de tout cela ? Il pensait avoir compris ce qu’il en était dernièrement mais là c’est le pompon !

Les coudes sur les genoux et la tête entre les mains Geoffrey reprend sa réflexion.

=> Le professeur Dingalo a manifestement eu besoin d’un supercalculateur pour ses recherches. Pourquoi celui-ci n’a-t-il pas été fourni par sa nation ? Car l’union des Banques Soviétiques ne peut pas appartenir aux U.S quand même !
Dans ce cas, le Pr. Dingalo a-t-il été réellement été tué pas des soviétiques ? Et cachait-il vraiment des dossiers chez lui ?

De ce qu’il en sait, le Pr. a très bien pu être assassiné par sa propre patrie car il avait un marché avec une autre nation. Le supercalculateur contre une partie de ses travaux ?

Qui croire bon sang !

=> En ce qui concerne le système xK, il est là manifestement pour pouvoir étudier les recherche du Pr. et les utiliser entre autre et c’est l’équipe d’I.Youvé qui gère sa progression.

Encore une nouvelle pièce du puzzle, pour qui travaille-t-elle exactement ?

Geoffrey se rappelle alors la phrase d’I.Youvé : « Vous êtes officiellement évadé de prison depuis plusieurs mois maintenant » Voilà quelque chose qu’il peut vérifier !

Il se lève d’un bon, court vers son ordinateur. Rien de plus facile pour lui d’entrer dans les fichiers de la police sans se faire remarquer et de remonter derrières toutes les sécurités existantes… Après deux heures de recherches, la découverte d’un dossier trafiqué… Geoffrey découvre qu’il a bel et bien été libéré sous condition de se mettre au service du gouvernement.

I.Youvé ment donc sur ce point précis…

Geoffrey s’adosse à sa chaise, enfin une piste pour savoir qui croire. Il travaille donc bien pour le gouvernement et I.Youvé pour la partie adverse. Il se sent soulagé car il ne voyait pas Isabelle comme un traite.

« Maintenant qui travaille pour qui ? Voyons ce qui est en jeu.

D’un côté les travaux du Pr. Dingalo, de l’autre un supercalculateur et un système XK.

I.Youvé s’occupe du système XK (volé aux EU ?), le supercalculateur semble également être du côté soviétique.

Les premiers veulent récupérer le système XK pour terminer au plus vite les travaux du PR Dingalo, les second veulent les travaux pour avancer dans leur études car ils ont le matériel pour »

Après réflexion, Geoffrey penche pour l’hypothèse suivante : Isabelle travaille bien pour le gouvernement avec le colonel, lui aussi agent double.
Youvé, Evitch, Sauron et très certainement le fameux diplomate français pour l’autre camp.

Et lui au milieu de tout cela est là pour récupérer le reste des travaux du Pr. qui circule encore et éventuellement le système XK.

Quel bins !

A ce moment, il entend la porte d’entrée s’ouvrir, il a tout juste le temps de se lever qu’Isabelle se précipite sur lui et le tire dehors sans autre explications que « vite, suivez moi ! » (Comme d’habitude…).

Ayant décidé de lui faire confiance, il la suit sans discuter. Cela devient vraiment un mauvais pli...

Dans sa voiture, elle lui dit précipitamment :

« Vous êtes du bon côté Geoffrey, je suis effectivement un agent double tout comme votre ami Evitch mais je travaille pour le gouvernement ainsi que le colonel. Nous allons rejoindre ce dernier et l’agent Barnes qui nous aidera à préparer notre entrée dans la banque Churchill et vous permettre de chercher dans ce supercalculateur des traces des dernières recherches du Pr.
Ne me posez pas de questions, faites-moi confiance, je vous emmène dans un lieu sûr et tout vous sera expliqué. »

Geoffrey n’avait même pas ouvert la bouche sachant d’avance qu’Isabelle lui aurait coupé la parole.

De toute façon, au point où il en est, cela ne peut pas être pire…


tazandrinePosté le: 2002-12-22 19:50   
*****************


Un quartier résidentiel mais une maison simple à l'aspect accueillant...

Assise sur le pas de porte dans un fauteuil à bascule, un café à la main, la mère de Geoffrey est inquiète. Ses yeux parcourent à peine la pelouse entourée de buissons, les plate-bandes de fleurs avec quelques chrysanthèmes dispersés, la mare avec les poissons rouges alimentée par une fontaine artificielle.

Elle observe le portique et revoit son fils, jeune garçon insouciant et téméraire, le sourire taquin, les cheveux ébouriffés, les joues rougies par les jeux en plein air et les yeux malicieux.

"Pourquoi ne me donne t-il pas de nouvelles ?" murmure t-elle.

Bien que d'une nature optimiste, elle se sent perturbée par une impression qu'elle ne parvient à définir que comme pesante.

"C'est ma chair et mon sang". Il y a quelque chose d'anormal mais elle ne sait dire quoi.

En levant les yeux, elle voit une voiture luisante et d'aspect officiel s'approcher. Les deux occupants sont vêtus de costumes sombres, lunettes aux verres teintés "comme dans le filmmen in black" pense la mère de Geoffrey avec une légère grimace.

Elle s'aperçoit qu'ils s'avancent vers elle...

"Madame Dupré ??"

"Oui, qui êtes-vous ?"

"Nous sommes des agents du gouvernement madame".

"Oui et que venez-vous faire ici ?"

"C'est au sujet de votre fils. Il est l'auteur de transactions financières informatiques frauduleuses et nous avons la preuve de malversations qu'il a effectué..."

Elle fixe ces visages d'hommes qui soutiennent son regard et sent ses cheveux se hérisser sur la nuque.

"Nous avons besoin de vous poser quelques questions et nous vous demandons de nous suivre".

"Demander ou imposer ?" ose t-elle dans un excès de bravoure.

Deux visages contrariés l'encerclent...

"Dans l'intérêt de votre fils, madame, je pense que vous devriez rapidement nous suivre" dit l'un des deux.

"Où est mon fils ? Je ne vous suivrai pas tant que je n'aurai pas des explications détaillées et puis, montrez-moi votre badge officiel".

L'air franchement patibulaire à présent, les deux hommes s'approchent doucement d'elle. Avec un signe de connivence à l'autre, l'un sort une arme. Les yeux écarquillés, emplis d'effroi, elle n'a pas le temps de se réfugier dans la maison qu'un coton chloroformé s'abat sur sa bouche. Elle parvient juste à articuler un "non" étouffé tandis que ses genoux se dérobent sous elle et qu'elle sombre dans l'inconscience.

"Vite, embarquons-la discrètement dans la voiture avant que les voisins ne s'aperçoivent de quelque chose...".



**************



"Il y a des moments ou j'aimerai être monsieur tout le monde" se dit Geoffrey. "Rencontrer simplement une femme au coin d'une rue, la séduire, l'épouser, avoir des enfants et tout ce petit monde m'attendrait à la maison, devant un bon feu de cheminée le soir, lorque je rentrerai d'une journée harassante du bureau. Nous nous retrouverions tous ensemble autour d'un bon petit plat...

Au lieu de ça, me voilà dans ce véhicule, parti je ne sais où... Dans quelle galère me suis-je encore fourvoyé... Certes, en charmante compagnie... Quelle plastique elle a cette fille..." pense t-il en regardant Isabelle, quand son téléphone portable se met soudainement à sonner.

Il a à peine le temps de décrocher que son interlocuteur ne lui laisse pas dire un mot.

"Monsieur Dupré, nous tenons votre mère. Il ne lui sera fait aucun mal à partir du moment où vous suivez nos consignes à la lettre et que personne n'ait connaissance de cet appel"...

DeauvillePosté le: 2002-12-25 00:42   
Geoffrey raccroche le portable déjà muet, et reste figé de stupeur, blême d’effroi. La plastique de sa voisine ne lui fait plus aucun effet …Envolée, la vie de « monsieur tout le monde », c’est pas « Bobonne » qui conduit à ses côtés…C’est une espionne, une professionnelle, qui joue dans la cour des grands, alors que lui ne sait rien de ce qu’on attend de ses réactions…Il se sent maintenant comme un gosse sans sa Môman qu’on a kidnappée !
Il regarde la route qui défile vite, très vite, trop vite même à son goût. Il en a marre maintenant de tous ces agents doubles qui se dédoublent, et se redoublent sans cesse. Qui est qui, qui fait quoi ; Là, y’en a vraiment MARRE !
La voiture arrive en ville, Isabelle ralenti, rétrograde, rétrograde encore, puis s’arrête au feu.
-« Ils ont décidé de vous faire chanter, on dirait »
Geoffrey reste interloqué ! Elle a donc deviné.
La voiture redémarre, alors, Geoffrey attrape brutalement le volant en serrant le frein à main, et la voiture part en crabe pour s’immobiliser contre une autre en stationnement, bloquant la portière côté conducteur.
Geoffrey bondit hors de la voiture qui crache la vapeur par le radiateur, puis s’enfui dans la ruelle à droite.
Il se retourne pour voir Isabelle qui s’extrait alors, mais il a déjà cinquante mètres d’avance.
Sortant de la ruelle, il tombe en face d’un arrêt de bus, et justement un bus s’apprête à démarrer ; il s’y engouffre avant la fermeture des portes. Il éteint son portable de peur d’être repéré, (on a retrouvé des gens en montagne comme çà).
Le bus roule ainsi deux ou trois kilomètres et Geoffrey ne voit rien d’inquiétant par la vitre arrière ; alors quand il aperçoit un fast food il en descend ; il y entre, commande un hamburger et un coca puis déambule en réfléchissant à la condition dans laquelle il se trouve. C’est alors qu’il retombe sur la première avenue, qu’il avait emprunté en voiture avec Isabelle. Par curiosité, il décide alors de reprendre un bus dans l’autre sens pour repasser devant l’accident. Aux loin, Il aperçoit les gyrophares des véhicules de police. Une dépanneuse est là aussi.
Le bus s’arrête au feu en face de l’accident. Les fenêtres entrouvertes lui permettent d’entendre des conversations entres les agents, et le propriétaire de la voiture emboutie.
-« Un jeune type qui s’est enfui en courant par la ruelle, que j’ai vu de ma fenêtre, et aussi une fille qui est sorti ensuite en clopinant »
-« Et ensuite ? » Demande le flic.
-« Quand je suis arrivé en bas, un taxi démarrait en trombe ».
Deux types en costard sombres avec des lunettes de soleil, discutent avec l’inspecteur, et celui-ci a l’air de leur parler avec déférence.
-« Viens ! elle arrive, on y va ! » Dit le plus mince à son complice, et ils traversent la rue à la rencontre d’un taxi qui arrive derrière.
Le bus redémarre ; le taxi s’arrête, les deux types y montent, puis le taxi fait demi-tour.
Geoffrey est abasourdi :
« Qu’est ce que c’est que ces mecs sortis d’un film de l’époque d’Al Capone ! Et dans le taxi, c’est Isabelle qui était dedans et qui m’a suivi ? »
« Non, ils n’auraient pas fait demi-tour dans ce cas, ils auraient suivi le bus pour me cueillir à la descente ou même au terminus»

PierrePosté le: 2003-01-02 02:48   
« Bordel... Calme toi, caaaaalme. T'arriveras à rien si tu t'excites. »
Il jeta un coup d'œil vers les deux hommes, puis détourna le tête aussi rapidement qu'il pouvait se le permettre pour éviter de croiser leur regard. "Elle", qu'il avait pris pour Isabelle tout d'abord était en réalité tout simplement la conductrice du taxi.
« Donc elle n'est pas avec eux. Et je fais quoi maintenant ? »
Geoffrey était entièrement déboussolé, il ne savait plus que faire. Mais il avait choisi son camp, après tout. Il avait décidé de faire confiance à Isabelle. Mais sa mère...
Il n'eut pas le temps de se poser plus de questions, car sa poche intérieure vibrait.
« C'est quoi ça, qui m'a foutu un portable dans ma poche ?? »
Mais il connaissait la réponse : ce ne pouvait être qu'Isabelle. Il décrocha.
« On ne s'en sort pas si mal, Geoffrey. Non seulement ils pensent que nous vous avons perdu, mais en plus ils pensent pouvoir faire désormais ce qu'ils veulent de vous.
- ...
- Car vous restez avec nous, n'est-ce pas ? C'était un très beau stratagème que de faire croire à votre fuite.
- Euuuh...
- Et puis, vous vous doutez bien que même si vous leur obéissiez votre mère ne serait pas mieux traitée, malheureusement.
- Comment avez-v...
- Déjà à l'expression de votre visage, mon cher Geoffrey. Et vous ne pensiez pas que vos appels n'étaient pas plus surveillés que cela ? Dans deux arrêts descendez, changez de bus et allez jusqu'au terminus. Je vous y attendrai et je vous exposerai la suite des évènements, quelque peu... modifiée avec cette nouvelle - assez inattendue, je dois l'avouer. Au fait, ne vous inquiètez pas, ma jambe va mieux... »

« Cette fille est incroyable, se dit-il, elle a un de ces crans ! »
Mais sa voix avait été douce et non pas autoritaire.

Une fois remis de sa surprise, Geoffrey se demanda s'il devait appuyer sur le bouton "Arrêt demandé" ou aller à l'hôtel en attendant les instructions suivantes, comme l'homme en noir le lui avait demandé au téléphone. Au dernier moment il appuya dessus : « Misons sur la constance sinon on ne s'en sortira jamais de cet histoire qui est bon/qui est méchant"... ». Il ne sut pourquoi mais il eut l'impression en descendant qu'il avait fait le bon choix, pour la première fois.

Il prit donc l'autre bus et se laissa endormir, assis sur la banquette arrière. Il se réveilla en sursautant lorsqu'Isabelle le secoua doucement et l'appela.
« Hein ? Heu, beuh, on doit descendre ? »
Elle sourit.
« Non, je vous accompagne durant le dernier arrêt.
- Vous n'aviez donc pas confiance ?
- Et vous ? »
Il ne sut que répondre.

« Voici notre nouvelle voiture, tout ce qu'il y a de plus commun.
- Qu'allez-vous faire pour ma mère ?
- Je suis désolée, Geoffrey, très sincèrement. Je... Je ne pense pas être autorisée à vous le dire, mais nous ignorons où elle est, je tenais à ce que vous le sachiez.
- Merci de me l'avoir dit...
- Soyez sûr cependant que nous avons tout mis en œuvre pour le savoir.
- Ça n'avance pas grand-chose, ça...
- Si si nous avons déjà progressé depuis votre coup de fil. L'agent Barnes et le colonel vont vous expliquer. »

Sa voix, encore une fois, n'avait pas été autoritaire, mais pleine de compréhension.
« N'empêche qu'elle sait très bien jouer la comédie et taper là où il faut, et qu'il y a que des connards qui savent où est ma mère... »

Ils arrivèrent devant un bâtiment d'habitations, tout ce qu'il y a de plus courant. Il faisait déjà noir.
« Désormais la discrétion sera notre point fort. J'imagine que vous avez remarqué les deux hommes qui enquêtent sur nous... »
Geoffrey et Isabelle montèrent au quatrième étage de l'immeuble. Le colonel et l'agent Barnes était dans la salon, les volets étaient fermés.

« Bonsoir. Asseyez-vous, je vous en prie. »

kheldarPosté le: 2003-01-22 11:18   
Geoffrey regarda devant lui d'un air morne.
Le colonel prit la parole: "les récents événements précipitent un peu les choses vous vous en doutez. D'abord soyez assuré de notre sympathie.
Même si nous ne savons pas où est votre mère, nous pouvons en revanche anticiper leurs actions grâce à une taupe infiltrée", il regarda Isabelle en souriant.
"Nous savons donc qu'ils croient vraiment à votre évasion et nous avons décidés de jouer à fond là-dessus.
Voilà notre plan: vous allez infiltrer l'équipe adverse !"
Geoffrey ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit... " Euhhh, ben ... mais..."

"Ce n'est pas la peine de protester dit l'agent Barnes, nous en avons plus qu'assez de vos enfantillages. Vous comprendrez aisément que l'enlèvement de votre mère ne vous laisse pas le choix. Vous allez donc faire semblant de coopérer avec eux et vous en profiterez pour récupérer les travaux du Professeur Dingalo qu'ils semblent avoir reconstitués en entier. Vous aurez aussi comme mission de saboter leur nouveau système XK pour qu'ils ne puissent pas utiliser leurs informations."
Geoffrey pensa à par lui " en somme l'enlèvement profite autant si ce n'est plus à vous qu'aux autres..."

Il dit: " bien sûr quand est ce que je commence ?"

Isabelle s'adressa au colonel: "Ce n'est pas ce qui était prévu, et c'est beaucoup trop dangereux !
- Ce n'est pas la peine de protester répondit le colonel, vous savez tout aussi bien que moi que c'est notre dernière chance.
S'adressant à Geoffrey : ne nous laissez pas tomber nous avons vraiment besoin de vous !

Evidemment repris l'agent Barnes, nous ne vous laisserons pas sans rien, suivez moi nous allons vous donner des outils de travail."

Ils sortirent du salon et passèrent à une pièce remplis d'objets dont l'existence serait pour les gens moyens rien de plus qu'un fantasme.

Geoffrey était comme hypnotisé: " Wooahh ! Incroyable, c'est encore plus dément que dans James Bond"

Le colonel lui montra une montre: "Ceci est votre moyen pour communiquer avec nous. Il n'est evidemment pas question que vous ayez des contacts trop visibles avec l'agent Malone. En revanche vous aurez le tout le loisir de lui transmettre des informations par cette montre relais. ELle est aussi équipée d'un localisateur GPS qui nous permettra de savoir à tout moment où vous êtes. Evidemment si vous la retirez un systéme automatique qui détecte la chaleur humaine le saura immédiatement et nous avertira en moins de 2 minutes."
Geoffrey déglutit.

"Vous n'avez donc plus le choix.
Vous serez aussi équipé de ce porte clef USB révolutionnaire qui intégre un algorythme de décryptage qui devrait vous permettre de passer outre toutes les protections concoctées par votre ami Igor. Vous garderez cette clef à cette ceinture qui intégre un modem GPRS qui enverra toutes les informations contenues dans la clef dans notre ordinateur central."

Le colonel lui tendit ses nouveaux gadgets.

"Voilà, maintenant c'est à vous de jouer !
Vous allez sortir par la porte n°15 qui donne sur le centre commercial, voici du liquide (il lui tendit un portefeuille remplit) ainsi qu'une American Express.
Balladez vous, allez au cinéma, faites ce que vous feriez si vous étiez libres, prenez une chambre dans un hôtel et attendez qu'ils vous contactent.
N'utilisez votre montre qu'en cas d'extrème nécessité.
Bonne chance !"

Il tendit la main à Geoffrey et sortit suivit de l'agent Barnes.
Geoffrey restait seul avec Isabelle.

"Euuhh... je voulais..
- chut..."
Isabelle l'interrompit et l'embrassa longuement sur les lèvres.

Geoffrey sentait comme dans un rêve le contact chaud et humide de sa langue contre la sienne. Il émettait plus d'ondes calorifiques qu'une cheminée. Incapable de réagir il se contentait de savourer ce baiser comme le condamné sa dernière cigarette.

"Allez y maintenant, vous ne devez pas rester trop longtemps ici, soyez prudent!"

Les lèvres de Geoffrey reprirent contact avec la froide réalité du sous-sol menaçant où ils se trouvaient.
Geoffrey était encore suspendu au baiser d'Isabelle, il ne pensait plus.

Elle le guida le long d'un couloir jusqu'à un ascenceur.

"Allez, dépéchez vous !"
Elle le regarda en souriant et s'en alla.

Comme un automate Geoffrey appuya sur le bouton de l'ascenceur, ouvrit la porte et sortit.
Il était dans un grand centre commercial bondé, qui sentait autant la sueur que la rage froide et désesperée de ceux qui ont peur de rater les meilleures occasions.

"Les Soldes..." pensa Geoffrey.
Il se fraya un chemin vers la sortie, s'arreta sur le trottoir, et petit à petit son cerveau se remit en marche.